Yahoo continue sa chute

Ce lundi 25 juillet, l'opérateur de téléphonie américain Verizon vient de mettre la main sur Yahoo pour moins de 5 milliards de dollars.

Une page d'Internet se tourne pour les plus vieux utilisateurs du réseau. Il y a presque vingt ans, Yahoo semblait en effet être un géant indestructible, qui donnait le la en matière d'innovations et de services. Ma première adresse mail, dont je me sers toujours, n'est pas une Caramail ou une AOL, mais bel et bien une @yahoo.fr.

Mais s'il est bien un monde impitoyable, où une chance manquée peut avoir des répercussions des années après, c'est bien le monde ce que l'on appelait avant les nouvelles technologies de l'information et de la communication. Internet a grandement évolué, et si Google règne en maître presque omnipotent sur la Toile, Yahoo aurait pu se trouver à sa place. Quand en 1998 Yahoo a refusé de racheter Google, c'était sans doute haut de sa position dominante que le géant de l'époque a jugé négligeable ce concurrent encore émergent et a ainsi commis une première erreur. Puis la frilosité de 2002, et le refus de mettre les 5 milliards de dollars requis pour racheter Google, fut un autre clou dans le cercueil. Pas de suite, non ! Mais le déclin commençait là, et Google a tout su anticiper mieux que Yahoo : la vidéo, le système d'actualités, la publicité (Yahoo ne capte que 2,1% du marché publicitaire, contre... 54% pour Google). Et dernière erreur : Yahoo a raté le virage du mobile, et alors que la navigation sur terminal mobile devient la norme, la firme est restée bloquée au niveau des ordinateurs, sans jamais percer sur le mobile, la faute aussi à une image vieillotte. Et ce n'est pas le rachat de TumblR en 2013 pour plus d'un milliard de dollars, et dont la valeur s'effondre, qui a su redorer le blason de Yahoo.

Marissa Mayer, la PDG depuis 2012, a bien tenté d'influer sur la dérive du bateau, mais aujourd'hui Yahoo est majoritairement privé de son sens, et a largement perdu de sa superbe, intégrant doucement mais sûrement le cimetière des premiers acteurs du web, aux côtés des Altavista, Lycos et autres.

Mickaël Choisi

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