Un peu de culture - partie 1

Allez puisqu'on ne peut pas que parler de fin du monde et qu'il faut bien se changer les idées, je commence une rubrique "culture". Oui mais pas n'importe quelle culture: celle du potager. Je parie qu'on ne vous l'avait jamais faite :)

Cette année je suis motivé comme jamais pour réaliser tout un tas de plantations. Ce qui est intéressant dans le jardinage, c'est que c'est relativement facile: même si on ne respecte pas à la lettre toutes les règles canoniques, ça donnera quelque chose. Il suffit d'un carré de terre, et d'un peu de temps. Et à la clef, des fruits et légumes pour toute la famille. En plus, les enfants adorent: ça leur fait une activité d'extérieur, et ça leur apprend que les patates ça pousse sous la terre, pas dans les paquets de chips.

Après un printemps très pluvieux (et ce n'est pas totalement terminé) il m'a donc fallu viser entre les gouttes pour trouver le moyen de travailler la terre de mon potager après des mois de jachère. Pas facile en effet quand ladite terre est argileuse, de la retourner si elle est trop imbibée d'eau. Ca fait de la gadoue. Alors oui, certains diront qu'il ne faut pas retourner la terre, ça détruit l'équilibre microbien du sol, patati et patata. Moi ce que je vois c'est que si je ne retourne pas la terre, elle est dure comme de la brique et je ne risque pas d'y planter quoi que ce soit. Il faudrait la recouvrir, une fois l'automne venu, de carton et de matière végétale, pour éviter l'invasion des herbes et laisser faire les insectes et vers de terre pour creuser et remuer tout ça. C'est très beau, mais totalement impraticable: il me faudrait une quantité de carton incroyable pour recouvrir toute la surface de mon potager. Sans parler du volume délirant de terre végétale à déposer par dessus: où trouver tout ça ? A quel prix ? Et quel temps de travail sera nécessaire pour déplacer tout ça, et le mettre en place ? Donc pas de méthode "de feignant" pour moi, je préfère passer deux heures à passer un coup de motoculteur au printemps. Pour ce qui est de l'équilibre microbien du sol, je ne m'inquiète pas trop: les légumes ne se sont jamais plaint, ni l'herbe d'ailleurs qui repousse dès qu'elle en a l'occasion.

Ensuite il est préférable d'enrichir un peu la terre. Rien d'obligatoire, mais ça donne de meilleurs résultats. Là encore les puristes diront qu'il faut telle ou telle matière végétale, tel compost. Pour ma part je brûle régulièrement tous mes déchets verts (en faisant toutefois attention de ne pas enfumer tout le voisinage, l'astuce c'est de faire un feu assez fort pour que la fumée monte tout de suit) et j'utilise les cendres pour enrichir la terre du potager, en plus de tout ce que je peux trouver: marc de café récolté sur toute l'année, herbe de tonte, compost végétal. Pas d'engrais chimique. Là encore, ce ne sont pas les tomates ou les potirons qui se plaignent de ce traitement. Je posterai des photos à la fin de l'été pour montrer le résultat.

Un peu de culture - partie 1

Voici donc à quoi ressemble mon potager actuellement. Ca ne ressemble pas à grand-chose car les plantations sont très récentes. A gauche, contre le grillage, les petits fruitiers: cassis, framboises, fraises, avec des fleurs (pas encore écloses) que les enfants ont voulu ajouter. A premier plan, les herbes aromatiques et les radis. Ensuite les salades, piments, poivrons, tomates, choux. Et sur la droite, au fond, une rangée de courgettes, une autre de potirons et potimarrons. Je ne les ajoute pas pour les citrouilles gigantesques que ça produit, il y en a tellement que personne ne veut plus manger de citrouille depuis longtemps. Non, j'aime tout simplement le feuillage complètement exubérant des potirons. Ca fait de l'ombre pour les plantes plus basses en plein été.

Il reste encore pas mal de place, je n'ai pas décidé de ce que je vais ajouter. Peut-être de nouvelles variétés de salades, ça pousse vite et c'est relativement bien apprécié.

L'important dans le jardinage c'est d'aimer ça: personnellement, je me mets généralement un bon podcast dans les oreilles et c'est parti pour des heures de tranquillité. En fonction des saisons, il y a toujours quelque chose à faire. L'été par exemple, je m'amuse à bricoler le système de goutte-à-goutte pour les plantes qui ont le plus besoin d'eau, avec des bouts de tuyaux et un vieux bidon d'une centaine de litres. Il y a toujours un bout de terrain à reprendre, de nouvelles plantes de saison à mettre en place, d'autres à soigner ou à protéger, une guerre à mener contre les bestioles ou les plantes invasives, etc. On peut très bien s'en sortir avec un budget très faible, et surtout on apprend petit à petit de ses erreurs. Pour ceux qui n'ont pas de terrain, il est possible de louer une parcelle de potager dans une association. J'ai même connu des gens qui jardinent entre midi et deux sur leur lieu de travail, après avoir demandé l'autorisation de retourner un carré de pelouse. Pour un peu que le travail soit régulier, ça peut vite donner des résultats impressionnants, même avec peu de matériel.

Je ne sais pas si je vous aurai donné envie de vous lancer dans le jardinage. En tout cas c'est la bonne saison. C'est une activité calme, qu'on peut facilement pratiquer avec des enfants. Il y a tout un tas de ressources exploitables sur le Net désormais, pour les amateurs voulant se lancer. Et là aussi, l'échec fait partie de l'apprentissage.

Vincent Eymet

Ancien chercheur en énergétique / transfert radiatif (climatologie, astrophysique, aéronautique). Maintenant directeur de la recherche chez Méso-Star (meso-star.com)

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