Un bouquet de roses mortes

L’âme fanée il avançait jusqu’au dernier secret de son jardin, il cueillait un nénuphar au cœur blafard sur son chemin. Le regard naïf, tel un diminutif, il oubliait de retourner le sablier, un grain de folie collé au fond du temps qui passait. Il tournait sur un livre en essayant d’entrer dans le récit, il voyait dans cette éternité de papier la fin de ses soucis. Il se disait, « Vous vous souviendrez peut-être, j’étais ce petit Balzac qui perdait pied sur le rivage des illusions trop en vrac ». Il avait rêvé prés de la rivière empourprée, un bouquet de roses mortes entre les bras encore scellés. Les mains sales avaient souillés les pétales, avec de la craie à séparer le ciel et la terre dont on croyait pouvoir les relier. Le reflet de Pushkin se dessinait sur l’onde, en donnant une image abîmée de sa faconde, qui était-il à se donner autant de prétention alors que son aptitude à simplement vivre chancelait moribonde. A la page dix, le destin voulait lui faire un « Kiss », le calendrier marquait la Saint-Valentin en supplice, d’un certain feu monsieur l’artifice. La peau de chagrin se traînant la nuit dans un tramway nommé désir, accrochant aux lèvres des passagers absents des soupirs. L’eau séance à flots de peau ruisselante, prés d’elle aimante couleur à la menthe, il buvait la soif de l’autre à la source de la faute encore brûlante. La plume éteinte de nuances encrées, le petit Balzac s’allongea sur le reflux de la vague, les doigts serrés par le refus de sombrer, entre ses bras se fanait un bouquet de roses mortes.

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