Sur la stratégie adéquate pour la légalisation de l’homosexualité

Réclamer la justesse de la cause des libertés individuelles et sexuelles en particulier est une chose. Opter pour une stratégie réaliste et bien étudiée pour l’imposer légalement est une autre. Pour pouvoir concrétiser ce changement radical plus particulièrement concernant l’homosexualité, il faut comprendre la dynamique sociale dans laquelle tout se manifeste à travers un espace-temps bien déterminé.

Certes, et pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, le mécanisme de l’état moderne issu de la pensée des lumières du 17ème et du 18ème siècle, a permis une florescence des droits et des libertés individuels. Une philosophie qui met en valeur l’individu en tant que existence indépendante et fondamentale dans constitution des sociétés. Par conséquent, elle valorise sa liberté du choix au sein d’un contrat social qui permet la constitution d’un état qui respecte la volonté de ses sujets en les laissant la possibilité de légaliser leurs droits naturelles et citoyennes dans le cadre d’une constitution positive respectée par tous les membres de la société dans laquelle s’inscrit cet état.

Mais, il faut prendre en considération que cet état n’est pas réel dans le sens qu’il est purement théorique et rationnel et non pas une étape historique caractéristique, comme le mentionne la littérature des lumières. La société avec ses rapports de forces existaient bien avant. L’état moderne qui est censé remplacer un état naturel (théorique de même) basée sur la force et sur l’écrasement du faible, n’a pas pu atteindre son objectif surtout en adoptant le modèle de la démocratie représentative. Les sociétés sont gérées par les rapports de forces. Les faibles ne peuvent rien changer tant qu’ils sont faibles et qu’ils ne représentent pas un pouvoir législatif considérable à part quelques exceptions dus à des fins politiques électorales. L’exemple de la France est très significatif. Celle-ci, malgré qu’elle ait une vieille tradition démocratique, n’a pas pu accorder le droit de vote pour les femmes qu’en 1944 et le droit de mariage aux homosexuels qu’en 2013. Donc revendiquer une liberté en se basant seulement sur la référence des droits de l’Homme ou n’importe quel système philosophique rationnel ne sert à rien face à une réalité qui favorise l’opinion opposé par la force du nombre ou du pouvoir politique. Peut-être, ça suffira à gagner une sympathie restreinte de la part des intellectuels mais elle ne suffira pas à réaliser un changement pratique et permanent. Cette vision de la société et du régime politique qui le gère sert à « repenser la façon de penser » des minorités. D’une autre manière, changer la direction du discours et des efforts vers eux même au lieu de s’adresser aux autres qui ne sont que l’ennemi et qui n’acceptera jamais de leur céder le passage.

L’un des éléments de faiblesse des homosexuels dans ce « conflit » est leur éparpillement sous la contrainte de la menace physique et pénale constante. Pour pouvoir arracher leur droit d’existence, les homosexuels devront avant tout se regrouper dans des organismes à caractère associatif, politique ou culturel. Dans ce jeu de rapports des forces, la première étape d’unification est fondamentale. Elle permet aux concernés de se connaitre eux même, de quantifier leurs éléments et de faire une auto-analyse de leur points de force et de faiblesse. Sur le plan associatif, « Shams » est un bon exemple. Elle est devenue le porte-parole des homosexuels et un point de référence aux yeux des deux parties plus particulièrement aux individus homosexuels. En ce qui concerne les parties politiques, ils doivent parier sur un élément susceptible de les soutenir une fois le débat législatif est ouvert. Historiquement, la gauche est la plus concernée des droits des minorités mais en ce moment elle est occupée par la question économique qui est trop délicate dans la pensée marxiste prédominante dans les forces de gauche. Il n’en reste que les libéraux car la liberté individuelle représente leur légitimité théorique d’existence et refuser de soutenir les homosexuels peut être considérer comme une déclaration de suicide politique. Enfin, l’espace culturel reste vide d’éléments qui parlent de l’homosexualité. Le combat nécessite des œuvres culturelles qui peuvent marquer les esprits et vulgariser la vision des homosexuels. La société est souvent gérée par des stéréotypes et celui des homosexuels est trop péjoratif sous l’influence de plusieurs facteurs comme la religion. Donc il faut encourager des adaptations artistiques qui vise à changer cette vision et qui permet aux homosexuels de s’exprimer et de manifester leur présence effective dans la société.

Pour finir, chaque combat nécessite des sacrifices mais il vaut mieux se sacrifier avec une stratégie réalisable que se martyriser en vain et sans affinité pratique. Cela concerne les causes des minorités et celle des homosexuels en particulier qu’ils doivent cesser d’être idéaliste.

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