Stalking: la traque furtive pas si virtuelle que cela

Quoi de plus humain que de s'intéresser aux personnes que nous sommes amenées à côtoyer ? Il y a beaucoup plus discret que de prendre ses jumelles pour scruter chez le voisin. Les nouvelles technologies nous fournissent sur un plateau de quoi s'adonner à ce qui est un passe-temps pour certains, une manie pour d'autres, voir une pathologie dans les cas les plus graves.

Puisque Internet diffuse toutes les informations sur nos goûts, nos publications, nos amis, il devient facile de percer la sphère privée en quelques clics. Et même si les réseaux sociaux tentent de nous rassurer avec leur politique de confidentialité, il n'en reste pas moins que des informations personnelles circulent sur la toile. La traque furtive, ou stalking peut toucher n'importe qui. Le phénomène n'est pas nouveau. Il touche des célébrités, harcelées par des fans un peu trop zélés, qui vont jusqu'à agresser l'objet de leur fascination. La fixette affective ne touche pas que les stars et c'est un point commun dont on pourrait bien se passer.

Une curiosité débordante qui se manifeste par une filature virtuelle sur Internet, là où, sous couvert d'anonymat, le stalker jouit d'un sentiment d'impunité. Il peut ainsi tenter de joindre sa victime par téléphone, messages, mails, à notre époque les moyens ne manquent pas. Dans des cas plus graves, ce type de rôdeur va s'introduire dans l'entourage de sa victime ( travail, loisirs, domicile). Tout est bon pour glaner des informations sur sa cible. Il peut être le collègue qui veut savoir avec qui il travaille, le voisin qui veut s'assurer de la normalité des gens qu'il côtoie, et bien sûr, celui qui éprouve des sentiments, jamais partagés, pour sa victime. Car la passion amoureuse reste une des principales motivations. Que ce soit l'ex qui éprouve encore des sentiments, qui veut assouvir sa curiosité et nourrir ses désirs, ou bien l'inconnu qui fait une fixette sur une personne, le stalker furète et entretient son obsession. Le traqueur ne se contentera pas d'une filature virtuelle et pourra persécuter sa victime, messages, intimidation, intrusion dans la sphère privée... Les stalkers sont principalement des hommes et les victimes des femmes. Il est difficile d'apprécier à partir de quand commence le harcèlement. Et pourtant le stalking est à prendre au sérieux. Les conséquences peuvent être lourdes: sentiment d'insécurité, anxiété, angoisse, troubles du sommeil, voire dépression et pulsions suicidaires.

Des pays comme la Belgique ou l'Italie prennent exemple sur les États-Unis ou des lois en antistalking existent depuis plus de vingt ans. La France est encore à la traîne.

Pour s'en protéger, donner le moins d'informations possible, rester vigilants sont des questions de bon sens, mais il serait dommage aussi de se priver des fantastiques moyens que nous offre le progrès. Enfin, préserver ses données personnelles est compliqué. Un exemple concret, testée par votre serviteuse : vous disposez d'une société, vos données sont transmises à l'INSEE et l'INPI et des sites d'informations ont conclu un accord de diffusion avec ces organismes afin que ces données deviennent publiques : la CNIL n'a aucun recours. S'il vous prend l'envie de contacter la CNIL pour le retraits de données personnelles sur le Net, armez-vous de beaucoup de patience. J'attends toujours une réponse.

Il est aussi difficile de quantifier le harcèlement et pour l'instant en France, on peut simplement déposer une main courante pour messages indésirables.

Tant que le stalker reste planqué derrière son écran, à vous scruter, sans rien faire, on ne peut le poursuivre. Car enfin, s'intéresser à quelqu'un, éprouver des sentiments n'est pas un délit. Où finissent la curiosité, le simple intérêt pour une personne et où commencent la pathologie, l'obsession maladive ?

Le monde est bien à l'image de l'homme. Sans sombrer dans la paranoïa, restons vigilants sur ce que nous mettons sur la toile. Là où le stalker étudie au microscope la vie de sa victime, n'oublions pas de garder nos yeux grands ouverts sur le monde et Internet nous en offre une vision panoramique.

Rosapristina Rosa

Ecrit, théâtre, poésie, petits blablas sur la vie

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