Sans pitié ni remords - Nicolas Lebel

« Sans pitié ni remords » – Nicolas Lebel

Marabooks

T’as vu, j’ai toujours un temps de latence pour les chroniques de romans policiers.

En plus, comme Nicolas Lebel, j’ai fait un stage de menuiserie avec lui, faut que je fasse gaffe.

Pas envie de me prendre une scie circulaire dans la tête.

Bon.

Pour lever toute ambiguïté, j’ai passé un super moment.

J’ai aimé les gens que j’ai croisés dans ce bouquin.

Mehrlicht, bien sûr, et malgré ses défauts divers et nombreux, Dossantos, pour ce côté flic amoureux du code et des arts martiaux, et Latour.

J’aime bien les gonzesses flics. Sais pas pourquoi. Je sais que certains préfèrent les infirmières, ou les maîtresses d’école, mais là… ça doit être mon côté pervers.

Difficile de parler d’un roman policier sans spoiler.

Mehrlicht, son pote il meurt.

Là, je spolie pas. Déjà, dans le bouquin précédent, il était pas super en forme. Donc, à moins d’une intervention divine, il risquait pas d’aller beaucoup plus loin.

Mehrlicht, il hérite.

Je te dis pas de quoi, mais c’est un truc à embrouilles.

Obligé d’annuler ses vacances.

Ça, c’est la merde.

D’autant que Mado elle l’attend.

Elle est gentille Mado, mais faut pas quand même trop déconner. Les vacances c’est les vacances.

T’inquiète, je t’ai mis sur une fausse piste.

Nicolas, il a ajouté un Cuvier.

Alors là, chapeau bas.

Un Cuvier comme ça, fallait le faire. Le genre que t’as envie de dégommer à coups d’agrafeuse électrique. Il est parfait.

Tellement crétin que tu vas te demander si ça existe.

Ouais.

J’en ai vu déjà.

« Le lieutenant Latour se met le doigt dans l’erreur ».

« C’était réglé comme une lettre à la Poste. »

Tu vois le style du Cuvier ?

Parce que les romans de Nicolas Lebel, c’est ça.

Tu te souviens des dialogues des Tontons ?

Il va vers ça, et il y arrive foutrement bien.

En plus, tu vas relire Baudelaire. Chaque nouveau chapitre est introduit par une des fleurs du mal. C’est bien.

Tu vas te marrer en voyant qu’il trucide allègrement ses collègues écriveurs même si pour la plupart, je le soupçonne de les aimer un peu quand même.

Et puis tu vas t’arrêter à des phrases comme celle-ci :

« Vu du ciel, ils devaient dessiner un smiley bizarre. Debout, en arc de cercle ; Merlicht, Dossantos, Latour, Matiboult, Carrel et deux autres pékins en formait le sourire. Le prêtre et le fossoyeur en face d’eux faisaient les yeux. Le cercueil, le nez. De là-haut, agglutinés entre les tombes, ils devaient ressembler à un tas de mouches, dans leurs vêtements sombres qu’animait par instants le vent de novembre. »

C’est beau non ?

L’air de rien, il te balance des phrases comme ça, au milieu d’un paragraphe, et tu les vois pas venir.

Tu les vois pas venir, mais tu t’en souviens.

Donc, pour résumer, dans ce bouquin, y a des morts.

Pas mal.

Y a des vivants.

Plein.

Y a une putain d’histoire.

Y a de la poésie.

« Les yeux fixés au large et les cheveux au vent,

Nous nous embarquerons sur la mer des Ténèbres

Avec le cœur joyeux d’un jeune passager. »

C’est sans doute aussi ce qui fait que Lebel, tu sais que t’es dedans.

Son style.

Tu sais que c’est lui après les dix premières lignes.

Hier, je disais que Saul Black écrivait comme d’autres écrivent. Avec les mêmes mots, et que tu pouvais pas le reconnaître à travers son style.

Ben là, tu peux.

C’est du Lebel.

Je pense que c’est le meilleur compliment que je pouvais lui faire.

http://www.leslivresdelie.com


Nicolas Elie

J'écris, je lis, puis j'écris...

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