Retour à la nuit – Éric Maneval

« Retour à la nuit » – Éric Maneval

Éditions La manufacture de livres – Collection Territori

Tu vas croire que j’ai un compte chez M’sieur Pierre Fourniaud, ben non. J’ai choisi de faire pousser mon cerveau. Et ça marche.

Je pense que quand un éditeur fait son travail d’éditeur, c’est-à-dire qu’il nous offre des vrais livres à lire, faut l’encourager.

Faut l’encourager parce qu’il y en a pas des masses.

C’est lui qui fait des livres avec Franck Bouysse, par exemple. Avec Antonin Varenne, avec Fred Gevart, avec PK Dewdney… Tu vois le style ?

Je les lis tous en ce moment. Pas le choix. Chez les gros, y a personne qui m’intéresse.

Donc, « Retour à la nuit ».

Une merveille.

Un texte écrit avec un cutter.

Antoine, il est veilleur de nuit. Un veilleur de nuit, ça vit la nuit, forcément. Il bosse dans un foyer pour des gosses difficiles. Tu connais ? Tu sais ces foyers où on met les gamins « qu’ont eu des problèmes »…

Ses problèmes à lui, ce sont ses trous de mémoire. Il se souvient de quelques petites choses, mais pas de tout. Quand il était gosse, il lui est arrivé un truc pas net.

Un type, blond et barbu, lui a expliqué que c’était pas bien d’avoir voulu mourir en se jetant dans la rivière. Il l’a recousu, et emmené chez un toubib.

Il l’a soigné.

En tout cas Antoine il le croit.

Mais le type, il est bizarre.

Antoine aussi, les autres le trouvent bizarre. Il a des cicatrices.

Les cicatrices, c’est comme si t’es black et blond.

Ça intrigue.

Puis il y a Ouria. Elle est chouette Ouria. Un peu déjantée, mais chouette.

Le souci, c’est que tu peux pas créer une relation avec une môme de 17 ans quand t’es veilleur de nuit dans l’institution où elle a été placée.

Tu peux pas.

Alors Antoine, il écrit.

Tu sauras pas quoi, je te dis pas.

Il regarde des films aussi. Quand tu vis la nuit, t’as le temps.

Mais tu sauras pas quoi non plus.

Maneval, il te dit rien. Il te raconte juste. Mais il te raconte bien.

Vraiment bien.

Tu sais jamais où il veut t’emmener, mais t’y vas. Tu le suis.

Tu peux pas lâcher son bouquin.

Un vrai grand roman noir.

Tellement rare que tu dois aller chez ton libraire.

Si tu trouves que c’est cher un bouquin, arrête de manger des cochonneries et des plats préparés. Tu vas y gagner. Ton corps s’en portera mieux, et toi aussi.

Oublie pas un truc.

Le livre, c’est la mémoire des gens. Faut pas le négliger.

Sinon, comment tu saurais ce qu’il a écrit Villon ?

Tu me fais confiance ?

www.leslivresdelie.com


Nicolas Elie

J'écris, je lis, puis j'écris...

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