Purgatoire des innocents – Karine Giebel

Purgatoire des innocents – Karine Giebel

Première chose : Ce bouquin, je défie quiconque d’en sortir en sifflotant « Sur le pont de la rivière Kwaï ».

T’as des frères ou des sœurs ? Alors tu vas comprendre, encore mieux que si t’en as pas.

De toute façon, même si t’en as pas, tu vas comprendre quand même.

Ce que je trouve difficile, je l’ai déjà dit sur une autre chronique, c’est de faire aimer des personnages qui sont pas des gentils.

Raphaël, c’est pas un gentil. Il sort de tôle.

En revanche, il a tué personne pour y entrer. Et ça, c’est bien.

Son frangin, William, il débute dans le braquage. Il est jeune, et l’amour qu’il porte à Raphaël, c’est ce qu’on appelle l’amour inconditionnel. Tu sais, quoi que fasse celui ou celle que tu aimes, tu l’aimes. Pas le choix. C’est juste inscrit dans tes chromosomes.

C’est un sacré pari de décider de nous faire aimer des types qu’on devrait détester.

Et tu les aimes parce que Karine Giebel, elle t’emmène au fond de leur âme.

Tout au fond.

Des allers, des retours, des souvenirs, tout ce qui construit ceux que nous allons devenir. En plus, quand tu descends dans ces profondeurs-là, tu trouves des trucs noirs.

Grave noirs.

Pour te dire que ce bouquin il va en déranger certains sans doute, mais pour les autres, tous les autres, il va devenir culte.

Forcément culte.

L’écriture dans toute sa complexité qui met les émotions sur le papier.

Tu vois le truc ?

La violence, souvent simplement suggérée, c’est juste parfait.

Le rêve de tout écriveur qui fait dans le noir.

Pas utile de faire du gore.

Pas facile non plus de te faire détester un personnage, et puis de te le faire presque aimer dans sa souffrance quelques pages plus loin. Une espèce de compassion omniprésente malgré ce qu’ils font, et ce qu’ils ont fait.

Tous les personnages, oui, tous, t’attirent vers ce qu’ils ont au fond d’eux.

Et puis il y a Sandra.

Sandra.

« Je m’appelle Sandra. Je suis morte, il y a longtemps, dans une chambre sordide. Ou plutôt, quelque chose est né ce jour-là… Je croyais avoir trouvé le refuge idéal.

Je viens de mettre les pieds en enfer.

Quelque chose qui marche et qui parle à ma place.

Et son sourire est le plus abominable qui soit… »

L’enfer, c’est là que tu vas entrer dès que tu auras ouvert ce bouquin.

Tu vas pas pouvoir le lâcher.

Et quand tu le fermeras, comme moi, tu vas te dire « Et maintenant », qu’est-ce que je lis ? »

Difficile de te raconter sans spoiler. Alors, encore une fois, je te raconte pas.

Mais si tu m’as fait confiance jusqu’à maintenant, continues.

Il est en poche, même pas le prix d’un paquet de clopes, mais ça aussi, je l’ai déjà dit.

www.leslivresdelie.com

Nicolas Elie

J'écris, je lis, puis j'écris...

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