Pouvons-nous simuler le hasard ?

Une expérience effectuée sur Twitter

En parcourant Twitter, j'ai découvert un sondage intéressant, à travers un twit.

Sur Twitter, depuis qu'on peut créer des sondages, on peut réaliser des statistiques et des expériences en psychologie et en sociologie.


Voici le sondage en question :

Pouvons-nous simuler le hasard ?

C'est en effet anormal : on s'attend à trouver une distribution équiprobable entre les 4 éléments possibles. L'élément n°3 est préférentiellement choisi. Pourtant, les votants ne connaissaient pas les résultats du vote avant de cliquer eux-mêmes.

Le créateur originel de cette expérience n'avait pas donné d'explication scientifique lors de cette expérience, mais je pense avoir deviné le but de l'expérience : les êtres humains sont de mauvais générateurs de hasard, le comportement humain est trop déterministe pour pouvoir simuler idéalement le hasard.


Le phénomène est reproductible, puisque j'ai moi-même créé la même expérience :

Pouvons-nous simuler le hasard ?

J'obtiens la même tendance : les votants se focalisent préférentiellement sur le troisième choix parmi les 4 possibilités.

Qu'aurait-on obtenu si les choix avaient été réalisés au hasard ?

Au hasard, les 4 éléments sont chacun équiprobable l'un par rapport à l'autre, soit 25% chacun.

Mais les valeurs de probabilités peuvent fluctuer entre ces 4 éléments. Quand un certain seuil est franchi, on soupçonne un événement non aléatoire.

Concrètement, en ayant conçu un programme informatique qui simule la génération aléatoire des choix avec un échantillon virtuel de 558 votants, il est apparu ce résultat :

  • Pour un élément dont la probabilité est inférieure ou égale à environ 0,287 alors c'est un vote purement aléatoire.
  • En revanche, si la probabilité d'un élément est supérieure à environ 0,287, c'est significativement un vote non aléatoire. On observe 45% (donc 0,45) via le test de Curiolog, c'est clairement significatif, le comportement des votants est déterministe.


Nous ne savons pas simuler nous-mêmes le hasard

Nous sommes de piètres générateurs de hasard. Il suffit par exemple d'écrire des séries de 0 et de 1 (code binaire) et de comparer (avec des moyens statistiques) avec une série réellement aléatoire, pour s'en convaincre. De même, on ne peut en effet pas se fier à l'être humain pour juger tout seul, à vue d’œil, si une série provient ou non d'un générateur aléatoire. Notre perception du hasard est plutôt mauvaise.

En y réfléchissant : le hasard n'est qu'une illusion, en fait nous ne connaissons pas (et ne pouvons pas connaître) l'extrême complexité des enchaînements des nombreuses causalités d'un événement à un endroit donné et un moment donné. Parce que nous ne sommes pas omniscients.

La théorie mathématique du chaos démontre que si le nombre des paramètres entrant en jeu est trop important, l’analyse d'un quelconque déterminisme sous-jacent devient impossible. Seule la théorie des probabilités nous vient en aide, avec ses propres limites. La science est minée d'incertitudes.



© 2016 Philip Tchelovek

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Philip Tchelovek

Blogueur scientifique. Présent sur Skõp depuis le 19/03/2016. Articles sous copyright, mais vous pouvez partager les URL librement.

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