Pour tous ceux qui ont perdu un proche contre la maladie et qui se battent contre la maladie.

Certains prennent la plume parce que leur vie fut hors du commun pour laisser un témoignage. Je prends la plume car ma douleur est si profonde qu'elle ne peut être extériorisée que par le biais de la seule chose que je sache faire. Ecrire. Ceci est mon témoignage.

Il y a des blessures qui restent ancrées dans notre âme, notre cœur et notre mémoire. Il suffit d'un événement, d'une odeur, d'une parole, d'un objet, d'un lieu pour faire remonter ces peines à la surface. La mort de Johnny Hallyday a fait ressurgir des souvenirs douloureux.

J'ai vu ma tante se dégrader au fil des mois pour finir en chaise roulante. Je restais des journées entières assise à ses côtés sur son lit, veillant, lui apportant tout ce dont elle avait besoin, nourriture, eau, jusqu'au jour ou elle ne pouvait plus rien ingurgiter. Cette saloperie qui se nourrissait de son essence vitale. Qui lui prenait tout et la bouffait de l'intérieur. Je la portais en chaise roulante pour la mener jusqu'à sa salle de bain et lui faire sa toilette. Elle me disait de la laisser, de sortir, mais je ne pouvais pas agir de la sorte. Je l'aimais, elle était ma 2è maman et je me devais d'être présente pour elle. Mais un jour, le téléphone sonna. Cette sonnerie qu'on ne veut pas entendre, qu'on ne veut pas attendre. Cette putain de sonnerie qui vous prend toute votre vie.

Il y a des dates qu'on n'oubliera jamais.

Ce 24 Décembre 2010. Le jour où j'ai perdu une autre personne de ma famille. Après un long combat contre la maladie, une lourde épreuve. Cette saleté qui agit comme l’acide à l’intérieur de votre corps. Même rongée par la haine pour des raisons personnelles, j’ai fait mon devoir de fille. J’ai laissé cette haine de côté l’espace d’un instant. Il y a de ces images qui accompagnent les mauvais souvenirs, ces images qui restent à jamais gravées dans un coin de votre mémoire.

Plus pouvoir respirer. Lié à des machines. Les médecins l'avait endormi car même la morphine n'avait plus le pouvoir d'apaiser la souffrance. Jusqu'à l'instant fatidique. La Question me fut posée. J’ai du prendre La Décision. Il partit un 24 Décembre 2010 à 14h dans mes bras. Son dernier souffle contre ma poitrine.

Je tenais à remercier cet homme, pour des raisons personnelles je ne le côtoie plus, mais je lui serais à jamais reconnaissante d’avoir était présent ce jour à l’hôpital à mes côtés, dans cette fatidique et douloureuse épreuve. Le matin, il m’avait accompagnée à la clinique me faire opérer de l’œil gauche et l’après midi, je versais des larmes. L’opération échoua.

Par contre, je ne peux pardonner ni oublier ce qui se passa par la suite, le soir du réveillon de Noël, une fille, me força à fêter Noël comme si de rien n’était. Elle chantait, mettait la musique à fond, préparait le repas et m’obligea par la violence (elle me prit à la gorge et me plaqua contre le mur) à me vêtir afin de faire la fête. Elle fut odieuse en parole et en geste et ne se comporta pas comme une amie devait le faire en ces instants de douleur.

Le réveillon se déroula chez moi. Ce fut mon 1er Noël à mon appartement et mon dernier.

Corinne

Corinne MOLINA

L'écriture c'est ma vie. La musique ma passion. Certains peignent leurs émotions. Moi j'écris. L'écriture vibre et fait partie de moi. Ecrivain public : si besoin d'aide pour la réalisation de vos romans, courriers administratifs, conseils, corrections, aide aux devoirs français-anglais, prestations administratives. N'hésitez pas à me contacter corinne.molina@Hotmail.fr http://corinnemolina.jimdo.com/ Facebook : Corinne Molina Ecrivain

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