Pensées vagabondes

A midi, le calme de la mer s’était retrouvé quelque peu perturbé par un vent léger qui avait créé de douces ondulations à la surface de l’eau. Le soleil était à son zénith, ses rayons se plongeaient dans ces rides et donnaient l’impression d’y parsemer des millions de diamants qui sautillaient alors de joie d'être perdus dans cette vaste étendue. Le soir venu, le soleil couchant avait enveloppé le ciel dans une parure dorée tandis que certains de ses rayons se déposaient encore dans l’eau, formant un chemin ambré qui semblait mener vers les portes du Paradis.

Je me demandai alors : Comment peut il y avoir tant de beauté dans ce monde et à la fois tant d’êtres vils qui ne sont là que pour la détruire ? Existe-t-il un certain équilibre dans tout cela ? L’Homme se proclame juste et bon, débordant de compassion alors qu’il est la source de tous les maux que l’on peut dénombrer actuellement. D’un côté les oppresseurs, les tyrans et de l’autre, ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et qui refusent d’agir tant que cela n’en vient pas à les toucher personnellement. Étrangement, je remarquai que plus j’aimais l’humanité, plus je voulais la secourir et moins il m’était possible d’apprécier chaque être humain en tant qu’individu car je finissais toujours par déceler en lui quelque chose qui me rappelait à quel point la nature humaine peut être infecte. Non pas que je considérasse l’être humain comme foncièrement mauvais, je n’ai jamais cru que cette méchanceté lui était innée, bien au contraire. Mais je haïssais cette tendance qu’il avait à s’y laisser aller, je le trouvais lâche et s’il y avait bien une chose que je ne supportais pas, c’était la lâcheté.

La nuit était tombée, la lune offrait un nouveau chemin, plus froid cette fois-ci, parsemant la surface de la mer de dalles argentées qui s’étendaient jusqu’à l’horizon. Je posai mes yeux sur la Voie lactée, cette bande blanchâtre qui m’émerveillait de par sa concentration massive de corps célestes puis, j’observai un instant le reste des étoiles qui m’étaient visibles et qui me rappelaient l’immensité effrayante de l’Univers. Mais finalement, mon regard revint se poser sur la lune, pour laquelle mon intérêt s’était fait plus vif ce soir-là. Elle n’était plus d'argent mais à présent dorée et plus elle descendait dans la mer, plus cette teinte devenait chaude, passant par un orange saignant juste avant de virer au rouge flamboyant, à peine quelques instants avant de disparaître dans l’eau, comme pour noyer le sang des innocents qui avait coulé ce jour-là.

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