MJ.Air 2

J’entends Rose avant même de passer la porte, comme à son habitude elle est dans la cuisine, quels petits plats m'a t'elle préparée pour ce week-end ?

– Bonsoir Rose, tout s'est bien passé pendant mon absence ?

Elle se retourne pour venir m'embrasser.

– Tout c'est très bien passé Marc, tu as fait bon voyage ?

– Ça va, encore quelques soucis avec la compagnie mais tout devrait rentrer dans l'ordre rapidement.

– Tant mieux, je commence à croire que tu ne veux plus rester ici avec moi.

Elle me tourne le dos, mais je sais qu'elle sourit. Je vais chercher le paquet dans ma valise avant de venir lui offrir.

– Oh Marc ! Tu n'aurais pas dù, je n'ai bientôt plus de place, tu sais.

Elle ouvre la boite. Encore un dé à coudre, je ne comprends pas comment on peut avoir envie de collectionner ce genre de chose, mais j'ai l'habitude depuis mon plus jeune âge de lui en offrir un à chacun de mes déplacements.

– Si tu n'as plus de place, il va falloir déménager !

Elle rit en m'embrassant.

– Merci Marc.

– Alors dit moi, quoi de bon pour ce soir ?

– Je t'ai préparé un poulet au citron et une tarte aux fraises, comme tu aimes !

Rose m'a vu naître, c'est la seule personne sur cette terre à me connaître mieux que moi-même, elle est resté prés de moi pendant les moments les plus difficiles de ma vie et je lui en suis reconnaissant pour ça, je la considère comme ma deuxième maman et je sais qu'elle s'occupe de moi comme si j'étais son propre fils. Je lui dépose un baiser sur la joue avant d'aller sous la douche.

– Tout est prêt, tu n'as qu'à te servir, bonne soirée Marc !

– Merci Rose, à demain.

Je finis de me sécher quand j'entends la sonnette. Bordel de merde qui s'est à cette heure ? J'ouvre la porte vêtu d'une simple serviette autour des hanches. Une petite blonde est là en face de moi.

– Hello Marc ! Je croyais m'être trompé d'immeuble, c'est classe ici.

Putain j'ai zappé son prénom, concentre toi MJ...

– Mary...au ciné !

Je fais l'étonné et je la vois rougir en descendant son regard sur moi. Eh ouais bébé ! Un vrai mâle devant toi !

– Oui Mary, bien sûr, entre, je suis à toi dans une minute.

A moins que tu me veuilles ici et maintenant ! Elle entre sans répondre et après un moment de réflexion, je retourne dans ma chambre pour m'habiller. Quand je retourne au salon, elle est toujours plantée là, son sac dans une main et son portable dans l'autre. Putain celui qui a inventé ce truc est un vrai connard.

– Je t'en prie Mary, poses tes affaires et viens, je te sers un verre.

Elle dépose son sac sur la table. Mauvais choix ma belle, si tu savais le prix de cette table, tu ne voudrais même pas y déposer le moindre objet. Elle garde son téléphone et me rejoint au bar.

– Eh bien Marc, rappelle moi ce que tu fais dans la vie ?

Elle observe mon appartement dans les moindres détails. C'est bien ce dont je me doutais, pourquoi certaines sont aussi vénales ?

– Si je te dis que je suis employé de banque, tu me crois ?

Elle rit, son rire est strident, presque vulgaire. Je regarde ses cheveux tout en lui donnant son verre, elle a un chignon. Bordel ! Je m'imagine déjà lui défaire, l'attraper pour la retourner et m'introduire en elle pour la baiser sauvagement. Du calme MJ et les préliminaires alors ?

– C'est quoi ?

Je sors de mes pensées salaces.

– Hmm ?

– Le verre, c'est quoi ?

– Un whisky, sec !

Je la vois grimacer.

– Autre chose peut-être ?

Ouais, vas-y qu'est-ce que tu veux ma belle ? MOI !

– Je préfère le vin.

Putain une casse couille !...Du vin, est-ce que j'ai ça ?

Je vais à la cuisine chercher une bouteille de vin quelconque, je suis amateur de beaucoup de choses, mais pas de vin. Ce n'est vraiment pas ma journée ! J'en trouve une dans un des placards, j’espère que Rose n'avait pas prévu de s'en servir demain. Je retourne au bar et elle est assise sur un des tabourets. Elle a une jupe, plus courte ce ne serait plus un jupe, et un chemisier transparent. Une paire de talons d'une hauteur insensée et elle est trop maquillé. Dis donc connard, souviens-toi où tu as rencontré cette fille déjà ? Au ciné non...tu es sûr ?

– Alors Marc, vas-tu me dire réellement ce que tu fais dans la vie ?

J'ouvre la bouteille et lui sers son verre.

– Je te l'ai dit, je travaille dans une banque.

Elle rit encore avant de boire une gorgée qu'elle recrache aussitôt.

– Putain ! C'est quoi ce vin de merde ?

Je la regarde surpris.

– T'as beau avoir du fric, ton vin est dégueulasse.

Mais pour qui elle se prend cette pétasse ! Elle parle comme moi et elle n'a pas sa langue dans sa poche. Même si j'aimerais beaucoup qu'elle la mette ailleurs tout de suite, mais après réflexion, je crois que la soirée est définitivement pourrie. Je lui donne une serviette pour qu'elle s'essuie.

– Merci beau gosse !

Putain j'ai l'impression d’être un gigolo ! Mon téléphone sonne, ouf sauvé par le gong !

– Jonson !

– Bonsoir monsieur c'est Martha, je suis désolé de vous déranger. J'ai reçu un mail d'Asie, la visite de la semaine prochaine est repoussée à une date ultérieure, je voulais vous prévenir tout de suite pour savoir si vous vouliez modifier votre emploi du temps.

Mais quelle journée de merde ! Les avions, les femmes et maintenant le boulot.

– Merci Martha, je vous rappelle demain pour vous donner mes directives, envoyez moi le mail en copie, bonne soirée.

– Bien monsieur, à demain.

Elle raccroche.

– Oh ! Monsieur à une secrétaire ? Tu n'es pas un simple employé de banque, avoues !

Plus je la regarde et plus je crois me voir en femme, elle me dégoûte. Allez MJ sois tu la baises sois tu la fous dehors, un peu de couille merde ! Je récupère son verre de vin et je lui apporte son sac à main.

– Je suis désolé Mary, j'ai du travail, on remet ça ?

Elle me regarde incrédule.

– Tu te fous de moi ?

Je ne réponds rien et la poussant vers la porte.

– J'ai beaucoup de travail, je suis désolé.

Bien sûr que non, tu n'es pas désolé, tu es déçu ! Elle avance vers moi à grande enjambée, je suppose pour me gifler, mais elle manque de glisser sur le carrelage, j'étouffe un rire et elle se redresse pour s'en aller.

– Oublie mon numéro connard !

Elle a lâché ça en passant devant moi. Oh, tu n'as pas idée de tout ce que je veux oublier de cette journée chérie ! Je referme derrière elle et je fonce dans mon bureau pour me remettre au travail. Il est déjà 2h du matin quand j’envoie mon dernier mail à Martha. Je n'ai pas envie d'aller me coucher, je surfe un peu sur le net avant de repenser à l’hôtesse que j'ai croisée plus tôt à l'aéroport. Merde j'ai oublié son prénom ! Je me connecte au site de la compagnie et je commence à éplucher le trombinoscope. J'enlève les hommes et les femmes trop âgés. À revoir son uniforme, elle doit être hôtesse au sol, je vire donc les hôtesses de l'air, il me reste plus de 1200 jeunes femmes à passer en revue. Oublie là MJ, elle n'en vaut pas la peine ! Bien sûr qu'elle en vaut la peine, j'imagine déjà ses cheveux blond sur mon oreiller et sa gorge qui crie mon nom dans un moment de pure jouissance. MJ ! Tu t'égares mec ! À force de chercher, je me rappelle soudain que son prénom commence comme Ste...quelque chose où Tracy...non...Stacy ! Ouais, c'est ça, Stacy ! Je tape son nom dans la barre de recherche et il en reste encore 84. Aller vieux encore un effort et tu sauras tout sur cette blondinette ! Il me faut moins d'une demi-heure pour tomber sur son profil :

Stacy Stuart, 1.75m, blonde, yeux bleus, dans la compagnie depuis 8 ans. A commencé comme hôtesse de l'air avant de demander à passer au sol il y a 1 an. Pas de mari ni d'enfant.

Tu es rassuré connard ? Tu vas pouvoir t'amuser un peu avec la petite Stacy ! Ouais, j'aimerais bien, mais comment la revoir sans qu'elle se doute de quelque chose ? Je suis sûr qu'elle ne m'a même pas reconnue. Je décide d'aller me coucher, il est 4h30.

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