Message à toutes les élues et tous les élus socialistes de France

Ouvrez les oreilles. Ce qui suit n’est que mon avis. Certains diront que j’exagère quand d’autres diront que je n’en fais pas assez. Peu importe, j’aime que les choses soient claires.

Vous n’avez pas le courage d’assumer vos votes de lois injustes, vous n’avez pas le courage de venir manifester contre des lois que vous n’avez pas le courage de défendre ou d’attaquer, vous n’avez pas le courage de crier haut et fort votre désaccord ou vos accords. Vous n’avez pas le courage de porter une réforme un tant soit peu sociale ; pire, vous manquez d’imagination. Vous avez la faiblesse de suivre les directives même quand vous n’êtes pas d’accord et vous avez sacrifié vos idéaux pour des places, des postes ou des financements. Le regard que je porte sur la liste des faits que j’évoque serait le même quel que soit le parti ou les élu-es menant cette politique.

Seulement voilà, contrairement aux partis de droite traditionnelle, qui sont fidèles à leurs engagements pour défendre leurs seuls intérêts, vous, vous avez trahi.

Alors, oui, j’ai des copains qui me soufflent que vous avez toujours été de droite. Je ne suis pas d’accord. L’abolition de la peine de mort, la CMU, le RMI, les 35 heures ont été de grandes réformes progressistes et humanistes. Ils me soufflent également que vous êtes toutes et tous des élu-es devant, si j’ai bien compris, subir un toucher rectal approfondi chez les grecs, ce en quoi je ne suis pas d’accord non plus, les grecs ayant aussi leurs propres problèmes.

In fine, je n’ai même pas envie de vous blâmer ; je vous plains. Que n’avez-vous pas quitté le bateau PS sombrant dans les remous des marais gattaziens ou de la mare merkeloise ? Vous envisagiez de changer le nom de ce parti : faites-le, il n’a plus rien de socialiste. Vous êtes en permanence obligés de vous justifier en vous disant de gauche parce que vous savez que personne ne peut vous juger comme tel sur vos actes. Être de gauche, c’est comme en amour, ça ne se décrète pas, ça se montre. C’est bien, de dire « je t’aime » mais c’est mieux de le prouver, non ?

Bref, vous n’entendez pas parce que vous n’écoutez pas. Vous n’écoutez ni les vieux, ni les jeunes, vous n’entendez pas plus les vieux-jeunes ou les jeunes vieux. Vous n’écoutez ni ceux qui partent, ni ceux qui arrivent. Vous n’écoutez ni la raison, ni le bons sens, ni la bienveillance. Pourtant, on vous prévient, on vous dit ce qui ne va pas, on vous apporte même les solutions et non, rien n’y fait ! Et après, vous direz “on savait pas” sur un ton larmoyant et faussement triste sur le TAFTA, le nucléaire, les traités européens ou mille autres sujets... Cependant, récupéré à tout va et mangé à toutes les sauces les plus indigestes dans l’estomac de la démocratie, j’entends Jean Jaurès pleurer, et le peuple avec lui.

Ouvrez les oreilles : vous avez les chiffres, nous avons le nombre.

Vous avez le 49-3, nous avons la 6ème république.

Vous avez l’inertie, nous avons le mouvement.

Et surtout - surtout - nous avons ce dont vous manquez cruellement : le courage et l’espoir.

Jean-Didier Carré, citoyen engagé.

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