Manifeste pour le retour d'un journalisme gonzo ; De l'importance de la subjectivité dans ce beau métier

Le journalisme gonzo c'est "la plume d'un maître-reporter, le talent d'un photographe de renom et les couilles en bronze d'un acteur" définissait Hunter S. Thompson, dans un style bien à lui. Et le père fondateur de cette méthode a bien raison de s'autoriser une telle liberté de ton. Car c'est aussi ça le journalisme gonzo : un récit à la première personne, cru, émancipé, parfois militant mais surtout, ultra-subjectif. 

Inspiré de la liberté prônée par la beat generation et par le style littéraire du nouveau journalisme, ce style d'écriture est une sorte d'hybride entre littérature et journalisme. Laissons Hunter S. Thompson nous expliquer, de manière plus calme, l'idéologie de son mouvement. Pour ce journaliste de formation, le but était avant tout recourir à "l'art ou à la compulsion d'imposer une forme romanesque à un contenu journalistique".

Un journalisme rock'n'roll, une vie trépidante et débraillée, avec sur sa route de nombreuses drogues mais aussi le succès, rencontré avec ses ouvrages "Las Vegas Parano" ou encore "Rhum Express", le tout polit par une plume oscillante entre souci du réel et envies de fiction, ont fait de Hunter S. Thompson une véritable légende. Un poids lourd de la littérature américaine du XXe siècle.

Mais plus d'une dizaines d'années après sa mort, par suicide, Hunter ne fait décidément rien comme les autres, n'aurait t-on pas besoin de lui ? 

Sans aller aussi loin qu'il ne l'aurait fait (pour Hunter S. Thompson, la presse était de nos jours devenue une "fosse à pisse" ; "un attrape-connard" ... et j'en passe ! ), il semble légitime de se poser certaines questions : la presse est-elle devenue trop lisse, trop gentille à force de chercher l'objectivité absolue ? L'objectivité est-elle un devoir chez les journalistes ? 

Certainement pas. Pour la simple est bonne raison que celle-ci représente un objectif hors-d'atteinte ! Le journalisme n'est pas une science exacte, le journaliste, pas un scientifique. C'est l'honnêteté qui remplace l'objectivité. Ainsi, le reporter doit, pour être honnête, adopter la démarche la plus objective possible afin de mener à bien son enquête mais il ne doit en aucun cas prétendre avoir réussi à incarner l'objectivité parfaite. Le lecteur averti est alors au courant que le journaliste ne lui raconte pas LA vérité, mais SA vérité et c'est sur la base de cette relation honnête et dénuée de toute ambiguïté que les deux parties de développent indépendamment leurs esprits critiques. 

L.A.


 


Lucas Aubry

Etudiant en communication avec pour ambition de faire de l'écriture son métier /    Utilise Skõp comme une source de culture mais aussi comme un terrain d'entraînement à la rédaction d'articles / Si intéressé par mon profil, possibilité de me contacter par Facebook ; LinkedIn ; et par mail : lucas.aubry@gmail.com

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