Les origines de la chute de David Cameron

Le déni de l’Histoire.

Les Slogans des pro-leave pendant la campagne du Brexit pouvaient se resumer à ceci: se débarasser des migrants, chasser les profiteurs d’aides sociales, proteger nos femmes contre les viols, reprendre le contôle de nos frontières, de notre terre, de notre souverainneté, de notre grandeur passée.

Grandeur. Oui. Beaucoup ont voté pour cela. La grandeur en question peut se resumer sur cette carte des possessions coloniales britanniques en 1886. (en rouge)

Les origines de la chute de David Cameron





Mais les 18-25 ans sont effondrés après ce résultat. Ils ne veulent pas être seulement British, condamnés à vivre dans un camp retranché, protecteurs de frontières! Ils veulent être européens, voyager, échanger, communiquer librement, et si possible, gagner leur vie par le mérite. Ils s’étonnent donc de cette nostalgie de « Grandeur », cause de leur présent désespoir.

Ceux qui ont fait pencher la balance du Leave dans la majorité sont ceux qui occultent systématiquement L’Histoire avec la complicité complaisante du système éducatif, et de tous ceux qui ne veulent surtout pas renoncer aux avantages de ce grand pillage des colonies pompeusement appelé grandeur. Chers 18-25 ans, vos aînés ne veulent surtout pas que vous écoutiez cette conversation qu’ils tiennent tous les jours en secret avec les suppliciés de l’Histoire:

« On vous a sans doute volé, » disent-il, « et alors? Vous n’aviez qu’à vous protéger! Ne pas nous laisser entrer chez vous! »

« Comment aurions-nous pu faire cela, nous avions des lances et des flèches et vous aviez des canons et des fusils… Par ailleurs nous vous avions reçu en ami, avec vos sourires mielleux; vos missionnaires et leur bible, comment aurions-nous pu imaginer que vous vous transformeriez par la suite en monstres sanguinaires et insensibles? Vous avez bien caché votre jeux. »

« Tant pis pour vous, vous n’aviez qu’à ne pas être si naïfs! Maintenant nous, on est riche, et vous, vous êtes pauvres et il est hors de question que vous veniez étaler votre misère sous nos yeux. On ne veut pas voir ça. Rentrez chez vous! »

«  Dommage car vous n’avez  pas le choix, c’est la rançon de la colonisation et  des  «ingérences humanitaires. » Du reste, vous vous êtes assurés de garder la main mise en Afrique par exemple, en inculquant les bases de la monarchie aux pantins agrippés au pouvoir : Cameroun, un président au pouvoir depuis 33 ans. Gabon : succession du fils « élu démocratiquement ». Togo : succession du fils « élu démocratiquement. Congo, succession du fils « élu démocratiquement ». Zimbabwe, 29 ans au pouvoir…la liste est longue.

En réalité, les migrants ne veulent pas forcément venir, ils aimeraient bien rester chez eux, mais vous ne leur laissez pas le choix: vous avez tout pris, pillé, tué, fomenté des guerres dans le but de vendre vos armes; et comble de l’insolence, vous avez installé au pouvoir vos copains pour pérenniser votre présence et protéger vos intérêts. En Afrique par exemple, vos multinationales qui y sont installées payent des impôts dérisoires, le protectionnisme la-bas est un terme que la Banque mondiale refuse de valider, les ONG d’aide au développement comme OXFAM, PNUD, Save the Children etc…font bien attention à ce que ce développement n’advienne jamais; car ce serait pour elles la fin d’une source de revenus inépuisables. La caverne d’Ali Baba qu’on boucherait : horreur ! 

 Ah ah ah… Les migrants viendront très chers; les migrants viendront. »

« Les conséquences d’un acte sont inclus dans l’acte lui-même ». Georges Orwel, 1984.






Régine

Journaliste freelance

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