Les motards hostiles au contrôle technique

Les 16 et 17 avril, les motards manifestent contre le contrôle technique imposé avant toute vente de deux-roues motorisés mais aussi contre les interdictions de circulation de véhicules anciens. Un combat partagé par les automobilistes.

Le contrôle technique des motos avait été annoncé fin 2015. La mesure n’est pas encore votée et ne serait mise en oeuvre que fin 2017. Elle obligerait tout propriétaire d’un cycle à moteur à effectuer un contrôle technique avant la vente.

La Fédération française des motards en colère (FFMC) s’y oppose. Elle a prévu une manifestation nationale les samedi 16 et dimanche 17 avril, à Paris et dans plusieurs grandes villes de province. Le calendrier des manifestations n’est pas encore totalement fixé. A Paris, rendez-vous est donné le dimanche 17 avril à 14 heures sur l’esplanade du château de Vincennes. Les motards devraient prendre la direction de la capitale.

Une pétition « Stop au contrôle technique des deux-roues et trois-roues motorisés » a été proposée sur Internet. Elle avait recueilli près de 30.000 signatures, fin mars. Elle dit : »Je m’oppose à l’instauration d’un contrôle technique des 2 et 3 RM, qu’il soit périodique ou qu’il intervienne lors de la revente d’un véhicule d’occasion. Pour ma sécurité, j’entretiens ou fais entretenir régulièrement mon 2 ou 3 RM (deux ou trois-roues motorisé) par un professionnel et refuse donc de payer un contrôle supplémentaire qui n’aura aucun impact sur ma sécurité. »

La personnalisation des motos mise en cause

Pourquoi cette opposition ? Pour la FFMC, l’état des motos n’est pas la principale cause des accidents. Le contrôle technique heurte en fait le mode de vie des motards avec leur deux-roues. Si les motos sont en général mieux entretenues, elles sont souvent personnalisées. Plusieurs problèmes se posent :

La pose d’un pot d’échappement choisi pour son bruit. C’est la modification la plus prisée. Le pot d’échappement (Akrapovic, LeoVince, Ixil…) est vendu comme « homologué » par le commerçant, qui oublie de dire que cette modification entraîne la perte de l’homologation globale du véhicule, le moteur étant modifié.

La pose d’accessoires originaux (ampoules à LED, support de plaque sans catadioptre, clignotants plus petits…) annule aussi l’homologation.

Tant qu’il roule, le motard en infraction risque une contravention de 135 € (par élément, plus éventuellement celle pour la pollution ou le bruit) avec obligation de présenter le véhicule remis en état. Le contrôle technique exigerait une remise en état d’origine. Il faudrait remonter le pot du constructeur, les accessoires. Or ceux-ci sont souvent revendus dans l’intervalle.

Le « non » à l’interdiction des véhicules anciens

Un autre projet met les motards en colère : au 1er juillet, les motos immatriculées avant le 1er juin 2000 n’auront plus le droit de circuler dans Paris. Elle seront interdites pour cause de pollution, comme tous les véhicules anciens. Dans vingt villes, la création de zones « respirables » bannira les moteurs jugés dangereux pour la santé publique.

La nouvelle classification des véhicules interdira l’accès aux « zones de circulation restreinte » à tous les véhicules antérieurs au 1er janvier 1997. Les propriétaires de véhicules anciens, qui ne sont pas forcément des collectionneurs, se mobilisent. Eux aussi ont lancé une pétition sur Internet. D’autant que le contrôle technique automobile doit lui aussi devenir plus strict en 2018.

Les véhicules qui sont "hors normes", en fait, les anciens, n'auront pas droit à la vignette.


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