Les facéties acrobatiques du Cirque Le Roux


En un peu plus d'un an, le Cirque Le Roux s'est imposé comme le nouveau phénomène des arts du cirque. Le nom de sa première création, The elephant in the room suffit à évoquer l’univers loufoque de cette joyeuse compagnie aux numéros spectaculaires, très drôles et toujours de haut vol.

Un démarrage peut-être un peu lent. Le temps de l’échauffement probablement. Le temps de l’installation, de poser l’intrigue, le décor. The elephant in the room, c’est une ambiance années 30, entre huis clos et cabaret. Trois dandys et une femme qui entretiennent des relations mystérieuses. Pour leur première création, Lolita Costet, Gregory Arsenal, Philip Rosenberg et Yannick Thomas ont imaginé un boudoir cosy aux airs de maison hantée avec ses murs tapissés de gris et ses tableaux mouvants évoquant des scènes de martyrs chrétiens ou représentant le paradis perdu. Un tableau qui prend d’ailleurs vie sur scène car avec cette jeune compagnie, le cirque devient aussi érotique et esthétique...

Dans cette maison aux (mauvais) esprits règne donc l’inquiétante intrigante Betty au sourire carnassier. Une mariée qui n’a qu’un but : croquer le fruit défendu mais surtout se débarrasser de son futur mari M. Barry. Face A : Betty, dans un grand jeu d’actor studio, dévoile un sourire affiché et figé. Face B, elle révèle son vrai visage avec une moue boudeuse : celui de l’empoisonneuse. Par ses tons monochromes, sa lumière claire obscure, The elephant in the room est à la fois un clin d'oeil aux films hollywoodiens et à la peinture d’un Caravage ou d’un Rembrandt. Car aujourd'hui les arts du cirque ne se contentent plus d'enchaîner des prouesses acrobatiques de gymnastes. Leur propos est désormais scénarisé, poétisé. Ici, les acrobates se transforment tour à tour en acteurs, magiciens, danseurs de claquettes et clowns. Et à chacun son drôle de rôle. Ici, la haute voltige côtoie le glam chic dans un feu d’artifices de portées, de numéros de contorsionnistes à partir desquels s’enchaînent d’amusants tours de passe passe. Ici, les quatre artistes issus des grandes écoles du cirque de Montréal et Bruxelles bousculent les arts circassiens. Une performance totale dont chaque détail est étudié avec soin et minutie dans les décors comme dans les enchaînements. Toujours plus époustouflants. 

Anne LOCQUENEAUX

Journaliste de profession, l'écriture a toujours été la force qui me meut, comme le jeu avec les mots et l'émotion. Adepte des exercices de style, je connais aussi Paris comme ma poche et comme personne. De l'île de la Réunion à l'île-de-France, “Diversité, c'est ma devise”. Et parce que la proximité, ça me plaît, je me suis fixée comme mission passion l'exploration de ce terrain de jeu géant qu'est le monde avec Vous, ô frères humains.

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