Les ENR, prochaine bulle financière ? Ou bien même crack technologique...

Les différentes actualités qui s'entrechoquent, politique, conflits divers etc... nous font souvent oublier le travail de prospective et rater des informations fondamentales.

Bref, bien souvent la charrue est avant les bœufs.

L'énergie est la base de nos vies, depuis la découverte du feu jusqu'à nos sociétés modernes, tout tourne autour de la disponibilité de celle-ci.

Fondamentalement, l'énergie consommée est de plus en plus électrique.

Robotisation des usines, numérisations des échanges d'information au sens le plus large, mobilité, confort domestique etc... tout ceci fonctionne de moins en moins à partir de carburants fossiles, le cours du pétrole relativement bas peut ainsi, pour partie, s'expliquer.

Ces dernières années, les ENR ont été vues en occident comme une lubie écolo-bobo, générant plus de greenwashing que de réelles implications profondes des acteurs économiques.

La disparition du ministère du plan a fait perdre une vision stratégique des impératifs énergétiques au niveau macro-économique.

Pourtant, l'indépendance énergétique, la santé publique, la balance commerciale sont des arguments objectifs de la prise en compte des ENR dans la structuration d'une société moderne.

Les pays émergents eux, ont vu l'opportunité dans ces technologies, ces leviers de croissance et se sont projetés dans une aventure industrielle à la hauteur du marché réel.

Désormais, ce sont eux qui mènent la danse.

Leur potentialité, basée sur une population nombreuse (globalement, la moitié de la population mondiale), a fait la différence. Jouant sur la loi des grands nombres, ils ont, en quelques années, fait d'un fantasme économique une réalité. Les ENR sont économiquement viables, même si cela est faux en terme de gestion/rentabilité.

Je m'explique.

La rentabilité doit prendre en compte l'adéquation production/consommation. Et là, nous sommes loin du compte.

Le M.I.T. a publié tout dernièrement une étude confirmant des difficultés structurelles. Les U.S.A., localement, la Chine et même l'Allemagne se trouvent face à une difficulté majeure, une crise de surproduction d'énergie ponctuelle occasionné par la variabilité de la production, que le réseau ne peut supporter, mettant en danger les centrales « classiques », faisant faire des choix en temps réels sur le marché de l'énergie.

Exemple. Lorsque l'Allemagne s'est trouvé en période de surproduction, que devait-elle faire ?

Exporter le surplus vers ses voisins ? La Tchéquie a vu son pays devoir absorber cet afflux au péril d'un réseau de distribution non proportionné pour. Arrêter les centrales au gaz ou au charbon ? Ces infrastructures n'ont pas une souplesse suffisante pour s'adapter en temps réel et, de plus, tout arrêt fait chuter dramatiquement leur rentabilité. Déconnecter les panneaux solaires ou les éoliennes ? Difficilement réalisable également en terme d'amortissement d'investissements géants.

La filière technologique du stockage de masse n'est pas encore au point face aux enjeux.

Souvent basé sur des produits importés (lithium et autres pour les accumulateurs, acier pour l'amplification du réseau via de nouveaux kilomètres de câbles), ou des dégradations de l'environnement (réservoirs d'eau artificiels pour de la micro-hydroélectricité), ces solutions ne sont ni convenables ni dimensionnés à la hauteur des enjeux.

Cela génère un climat de défiance, frein à la croissance, l'économie à tous niveaux se basant sur la confiance entre les acteurs.

Quel sera le premier domino à tomber ?

Qui peut-on sacrifier ?

Les producteurs d'ENR, en cassant leur rentabilité de manière artificielle, en n'achetant plus leur production ?

Les producteurs « classiques » filière carbone ou nucléaire, incapables de s'adapter aux variabilités du cycle de production/consommation ?

Les opérateurs de distribution, en leurs demandant des investissements prodigieux en infrastructures certaines d'être non rentables, au seul titre de la sécurisation du réseau ?

Les états, déjà surendettés, à qui l'on demandera, comme à dieu le père de sortir les milliards comme une baguette magique pour trouver une solution idéale pour que chacun puisse se délecter de ses responsabilités ?

La réponse est simple, personne n'acceptera d'être le dindon de la farce.

La réponse est dans la mise en place rapide, un plan Marshall de l'énergie par l'ampleur du projet qu'il représente, d'une collaboration entre le monde scientifique et industriel pour la définition de solutions de stockage verts et efficaces, basé sur une disponibilité locale et considérable, stabilisant rapidement un échafaudage branlant risquant de précipiter l'économie mondiale dans un chaos.

Les capitaux sont là, plan Juncker et capitaux privés à la recherche d'opportunités par ex..

Les talents aussi. Je vous propose, à titre d'exemple, de voir mes propositions via mes précédentes publications, d'examiner à travers les publications d'institutions telles que le C.E.A., le M.I.T., Stanford etc... les études, analyses et solutions disponibles. Ce sont des leviers d'activité, d'emplois, ne les laissons pas passer, c'est la stabilité globale de nos économies qui en dépend...

Jean-marc Doniat

Concepteur indépendant dans le domaine du Développement Durable, énergie verte, mobilité durable etc. De Tours (37) France

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