Les blessures du silence - S. Martineau

Les blessures du silence – Sandra Martineau

Le cercle – Éditions Sixto

Si t’es comme moi, les éditions Sixto, ça reste très confidentiel. Non pas que tu sois pas attentif aux petits éditeurs, mais les gros sont tellement présents partout dans les bacs que les autres restent un peu à l’écart.

Donc, Sandra Martineau, c’est Anne qu’en a parlé il y a quelques jours.

J’ai dit que je commandais, j’ai commandé.

Et puis j’ai lu.

Comme je la connais pas, j’ai pas vraiment d’inquiétude. J’aime bien découvrir des plumes, et voir si elles me parlent. En revanche, faut qu’elles me parlent assez vite, sinon, je laisse tomber assez vite aussi.

T’as toujours, adjacente à ta lecture, la trouille de la déception, mais t’attends la phrase qui va te faire mal aux dents.

Pas de suspense, j’ai beaucoup aimé.

J’aime ces silences, contenus dans le titre, qui finalement te parlent plus que les dialogues, et c’était pas gagné.

Le style est fluide, pas de temps morts, pas de descriptions aussi longues que trois automnes, et tu te rends compte que si les silences font mal souvent, contrairement à ce qu’on croit, les mots ne guérissent pas.

Florence, elle est kidnappée.

Elle attend.

Elle attend pas que le type qui l’a enfermée la délivre. Elle a compris que ça n’arrivera pas.

Juste, elle en peut plus.

Elle est au bout de ses forces.

T’es avec elle dans sa cave.

T’es avec elle dans cette pièce sombre qui ne s’allume que quand son tortionnaire vient la voir.

Alors, toi aussi, t’en peux plus.

Et puis il y a Alice.

Alice, elle est libre.

Enfin libre.

Elle vient de quitter son mec, et elle roule.

Et puis elle disparaît.

Il y en a tous les jours des filles qui disparaissent. C’est une parmi d’autres, mais celle-ci, ça te met un peu les abeilles qu’elle se fasse attraper.

Celle qui les cherche, c’est Antonia.

Antonia, elle est flic.

Et puis elle a, comment tu dis déjà ?

Elle a du caractère.

Je me suis attaché à Antonia.

« Déjà toute petite, elle se battait contre l’intolérance et l’injustice. »

Tu vois pourquoi je l’aime bien ?

Yohann Dantec. C’est un autre personnage du roman.

Lui, je l’aime pas trop.

En fait, je l’aime pas du tout.

Je t’explique pas pourquoi, tu verras quand tu le liras.

Mais en tout cas, Sandra, elle t’emmène sur les traces de ces filles qui ont disparu, et tu lâches pas le morceau. Comme quand tu découvres un tableau de Manet.

À chaque fois que tu regardes, tu vois autre chose.

J’ai fait de l’apnée pendant les cent dernières pages.

C’est un signe.

J’ai passé un super moment.

C’est le but non ?

Va le chercher chez ton libraire, parce que les petits éditeurs, faut les encourager.

Et les écriveurs qui écrivent des histoires qui t’endorment pas au bout de vingt pages, faut aussi les encourager…

Fais-moi confiance, comme d’hab.

http://www.leslivresdelie.org


Nicolas Elie

J'écris, je lis, puis j'écris...

Rejoignez Skōp, c'est gratuit!

Le magazine collaboratif qui vous paye pour écrire, voter & partager.

  • Aucune publicité pour les donateurs
  • Auteurs rémunérés par les dons des lecteurs
  • Contenu exclusif et personnalisé
  • Publication facile de tous vos écrits