Leçons d'un tueur - Saul Black

« Leçons d’un tueur » – Saul Black

Presses de la cité

2 jours.

Pas plus.

C’est ce qu’il m’a fallu pour recevoir les « leçons d’un tueur ».

C’est vrai que c’est pas compliqué.

Repérer.

Traquer.

Tuer.

Recommencer.

Tu vois.

Simple.

Faut juste l’écrire.

On va pas se raconter des histoires. Pas lu un roman aussi tourneur de pages depuis longtemps. Tu sais, ces bouquins que t’emmènes partout. Pour être sûr que si t’as deux minutes, tu vas pouvoir avaler une ou deux lignes de plus.

Y a Valérie dedans. Je l’aime bien Valérie, même si elle a l’air d’être un peu barrée. Sans doute que j’aime bien les filles barrées.

Dans les livres.

Me fais pas dire ce que j’ai pas dit.

Valérie, elle est flic, et elle fouille depuis trois ans. Elle fouille dans les poubelles, dans les bois, un peu partout. Parce qu’il y a un type qui tue des nanas.

Sept, il en a dézingué.

Sept.

Ça commence à faire.

Katherine, Sarah, Angelica, Sylvia, Yun-sea, Leah, Lisbeth, elles s’appellent.

D’autant qu’il ne fait pas que les tuer, ce serait presque « normal », aujourd’hui. Il leur fait des trucs de dingues.

Dans le premier sens du terme.

Les corps sont retrouvés dans un état qui laisse à penser que celui qui a fait ça doit être barré grave lui aussi.

Très barré.

Très grave.

Elles sont violées et torturées, et pas forcément dans cet ordre.

C’est bizarre comme ces tueurs en série s’attaquent toujours à des nanas.

Je dis pas que c’est plus vendeur, mais je suis pas loin de le penser.

C’est presque pénible.

D’être une fille, je veux dire.

Le génie de Saul Black (Ben oui, je l’ai dit) c’est que comme King, il nous fait toucher du doigt nos peurs d’enfant.

Tu te rappelles, le noir, le froid, la faim, l’abandon. Tous ces trucs pour lesquels tu t’es fait psychanalyser et ça va mieux merci…

T’as le cœur qui bat, parce que tu voudrais tellement qu’elle s’en sorte, mais bon, tu connais ma phrase fétiche.

Je te raconte pas.

Les cent dernières pages, tu vas gifler celui qui va t’interrompre.

Ou celle.

Tu verras.

J’ai dit de « La compassion du diable » que j’aurais aimé qu’il fouille un peu le cerveau du tueur en série.

Ben là, t’y es. Le cerveau, tu le fouilles, tu le dissèques même.

Et putain, c’est vraiment bon.

Chacun des personnages est parfaitement analysé, décrit, et tu te rends compte soudainement que tu les vois, juste à côté de toi.

Ils sont là.

Ils ont leurs névroses, leurs secrets, ils ont tous reçu de la vie des baffes dans la gueule. Comme toi, comme moi.

La vraie vie.

Et c’est pour ça que tu veux pas lâcher le bouquin.

C’est brillant.

C’est bien écrit, même si, pour le bémol dont j’ai le secret, tu vas pas sentir le style qui te fera dire que c’est du Saul Black, on n’est pas loin.

Pas loin du tout.

J’ai pas sauté de pages, ni de lignes, et c’est un signe pour moi.

Tu vas plus jamais regarder les abécédaires des gosses de la même façon.

Tu verras.

Comme d’hab, tu me fais confiance.

http://www.leslivresdelie.com


Nicolas Elie

J'écris, je lis, puis j'écris...

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