Le low-tech sauvera-t-il le monde ?

Le low-tech désigne un ensemble de techniques simples et peu coûteuses qui permettent de répondre aux besoins de base d'un individu en eau, en nourriture ou en énergie. Aujourd'hui, cette technologie de rupture est utilisée dans les pays en développement où les infrastructures font défaut. Mais elle devient également tendance en France, où les tutoriels de pompe bélier, de four solaire ou de rocket stove se multiplient sur la Toile. Découvrez trois inventions low-tech qui ont changé la vie de millions de personnes.

Le bidon roulant

Le low-tech sauvera-t-il le monde ?

Huit cents millions de personnes à travers le monde, généralement des femmes, doivent marcher tous les jours pour trouver de l'eau, puis la transporter chez elles dans des seaux. L'Hippo Roller Water est un tonneau en plastique qui permet de déplacer une grande quantité d'eau très facilement, même sur des terrains accidentés. Ce baril de 90 l, une fois rempli, bascule sur le côté et roule grâce à une poignée qui permet de le pousser. Dans les zones rurales d'Afrique, ce bidon roulant permet aux femmes, aux enfants et aux personnes âgées de recueillir quatre fois plus d'eau qu'en temps normal. Là-bas, le transport de l'eau est une tâche aliénante qui prend plusieurs heures par jour. Ce dispositif libère donc du temps pour autre chose, notamment l'éducation. L'Hippo Roller Water a été inventé en 1991 par deux Sud-Africains, Pettie Petzer et Johan Jonke.

Le microscope en papier

Le low-tech sauvera-t-il le monde ?

Les microscopes sont indispensables pour diagnostiquer les infections. Pourtant dans certaines régions du globe, comme l'Afrique, nos microscopes ne sont pas adaptés. Ils sont difficiles à transporter dans les zones reculées, trop coûteux et difficiles à entretenir. C'est pour cette raison que Manu Prakash, un professeur en génie biologique de l'université de Standford, a inventé en 1991 le premier microscope en papier. Le Foldscope (en français, pliscope) contient toutes les composants essentiels d'un microscope sur une feuille de papier. Il se résume à un papier cartonné, une lentille, une lamelle, une LED alimenté par une pile plate, mais il grossit jusqu'à 2 000 fois. Évolutif et compact, cet instrument bon marché (il coûte près d'un dollar) permet de réaliser de diagnostiquer les maladies infectieuses presque partout dans les pays du tiers monde.

Le poêle Berkeley-Darfur

Le low-tech sauvera-t-il le monde ?

Au Darfour, une région pauvre d'Afrique, les feux ouverts posent de gros problèmes. D'une part, leur rendement énergétique est très faible ; ils consomment beaucoup de bois pour produire peu de chaleur. Or, la déforestation est un problème majeur dans ce pays. D'autre part, la combustion du bois de chauffage met en danger la santé des habitants. En effet, l'inhalation régulière de particules fines provoque de graves problèmes respiratoires.

Conçu par le laboratoire national Lawrence-Berkeley, le poêle Berkeley-Darfur est appareil low-tech qui valorise mieux le combustible. Il permet de réduire par quatre la quantité de bois nécessaire pour cuir une même quantité de nourriture. Il est conçu pour réaliser une combustion complète. Autrement dit, il brûle davantage les fumées et réduit les émanations de particules nocives. Ce prototype a fait l'objet de recherches en laboratoire aux États-Unis. Sur le terrain, ce rocket stove innovant a permis d'améliorer la vie de milliers de réfugiés dans les camps du Darfour, le ramassage du bois étant périlleux dans cette région en guerre.

Sébastien

Journaliste, voyageur à vélo et écologiste, je promeus la cuisine solaire, un mode de cuisson propre. Sur mon site, je propose notamment des tutoriels pour construire des appareils low-tech.

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