Le Club Dorothée, comment vous dire...

Cher lecteur, il m’incombe pour ce billet d’être extrêmement prudent car le sujet qui nous intéresse aujourd’hui sent le souffre. Il va donc falloir que je pèse mes mots, que je prenne toutes les pincettes d’usage et autres précautions indispensables afin que mon intégrité physique soit à peu près préservée.

J’ai eu l’idée de ce billet après avoir lu un énième papier sur les 25/49 ans nostalgiques du Club Dorothée.

Bon… Comment te le dire sans te froisser : je n’aimais pas le Club Dorothée.

Ouais je sais c’est moche, mais respire un coup, tout va bien se passer.

Avant de me caillasser la face, laisse moi préciser : j’adorais les dessins animés du Club Do, comme beaucoup, cela m’a ouvert les portes du monde de l’animation japonaise, et par ricochet, celui du manga. J’ai été, et suis toujours d’ailleurs, ultra fan de Dragon Ball, de Ranma 1/2, de Saint Seya et tant d’autres merveilles "made in Japan".

Alors quand je dis que je n’aimais pas le Club Do, je parle des séquences en plateau. Cela ne me correspondait pas du tout. Ce qui ne m’empêche pas de respecter le boulot énorme abattu par toute la fine équipe de l’émission, et même d’avoir de l’affect pour certains de ses membres, comme le très attachant Jacky. Mais voila, je m’imposais les jeux et sketchs de l’émission seulement pour mater les dessins animés. Ces derniers auraient pu passer n’importe où et à n’importe quelle heure, j’aurais suivi.

Oui, c’est dur, et critiquer le Club Do à l’époque des réseaux sociaux tout puissants, c’est tout aussi grave que de dire… qu’on a pas trop aimé Final Fantasy IX mais je me suis déjà assez fait traiter de "connard" pour ce méfait, je ne vais donc pas aggraver mon cas.

Pourquoi donc un dromadaire extraterrestre qui parle ou une tarte à la crème dans la tronche d’un pauvre animateur martyrisé me laissait ainsi marbre ? Je pense que la raison est tout simple : j’étais déjà ado. J’imagine que les gamins de moins de 10 ans devaient joyeusement se taper le derche par terre à s’en chopper des bleus de tous les diables (et c’est très bien), mais de mon côté j’avais déjà un petit duvet sous le nez et j’essayais de faire l’intéressant devant les filles en priant pour que mon visage ne se mette pas à rougir bêtement (ce qui arrivait systématiquement). J’étais déjà accros aux Nuls, à Nulle Part Ailleurs, aux Simpsons, etc.

Il y avait donc un décalage entre mon âge de l’époque et les galéjades infantiles faisant le trait d’union entres deux animés qui tabassent.

Sur feu la 5, de l’escroc Berlusconi, on avait aussi «Youpi l’école est finie » après les cours et là c’était juste parfait, pas de présentateurs, juste des dessins animés japonais qui s’enchainaient à vive allure entre deux jingles.

Et vous noterez que par un souci manifeste d’apaisement, je n’évoque pas les génériques japs massacrés, les séries live AB, ni les chanteurs maison, qui ont traumatisé tant de jeunes sans défense.

Donc oui, je sais bien que c’était un boulot de dingue de tenir autant d’heures de direct, qu’il fallait bien meubler mais tout en respectant le travail de Dorothée et de ses ami(e)s, on a le droit de dire qu’on n’appréciait pas ce type de « show ».

C’est dingue comme l’effet « madeleine de proust » peut embellir certaines choses chez certains. Attention tout de même : si vous commencez à vous dire que les chansons de Christophe Rippers, c’était pas si mal, c’est qu’il faut agir, et vite.


Texte issu de ma rubrique vidéo hebdomadaire "A bon entendeur" : 


Bruno Rocca

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