Le 8 septembre 1940 en Dordogne

Près de Montignac, Marcel Ravidat promène son chien Robot qui gambade joyeusement dans une clairière de la colline de Lascaux. Marcel est âgé de 18 ans. Il aime marcher au travers de la campagne périgourdine. Le temps est plutôt agréable. Marcel respire à plein poumon. Ses pensées vagabondent. Elles sont le reflet d’un jeune homme de son âge. Rien ne laisse présager en tous cas que quelque chose d’inhabituel puisse se passer.

Pourtant, le chien disparu bientôt dans un trou. La cavité apparemment provoqué par la chute d'un arbre a avalé Robot. Le jeune homme s’approche de l’excavation. Il ramasse quelques pierres qu’il jette à l’intérieur. Les cailloux n’en finissent pas de descendre. Les pierres roulent comme l’eut fait des balles de tennis. A n’en pas douter, cette cavité est profonde.

Marcel attendra quatre jours avant de revenir sur place. Cette fois, il n’est pas seul. Il est accompagné de trois camarades, Georges Agniel, Simon Coencas et Jacques Marsal.

Ils décident d’agrandir la cavité. Ils y parviennent facilement et pénètrent à l'intérieur. A la lueur d’une lampe, ils explorent cette grotte que l’on surnommera plus tard « la chapelle Sixtine de la préhistoire ». Les quatre garçons sont émerveillés. Ils découvrent des parois ornées d’une beauté à couper le souffle. Les peintures rupestres laissées par nos ancêtres Cro-Magnon sont prodigieuses.

Quelques jours après la visite de la grotte, Jacques Marsal, jeune élève de 15 ans, prévient Léon Laval son ancien instituteur. Jacques ne reprend pas l'école. Avec son ami Marcel, il installe un campement devant la grotte jusqu’en 1942 et assure ainsi la protection du site. La gendarmerie française l’arrête en 1942 sur le pont de Montignac. Il part en Allemagne pour le Service du Travail obligatoire. Lorsque la grotte sera ouverte au public en 1948, Jacques deviendra le guide officiel du site. Il occupera cette fonction pendant 15 ans.

En vacances chez sa grand-mère maternelle lors de la découverte, Georges Agniel doit retourner sur les bancs de l'école. Il rejoint ses parents à Paris. Il reviendra à Montignac en 1986. Il sera décoré de l'Ordre national du Mérite en 1991.

Réfugié juif à Montignac avec sa famille, Simon Coencas, à 13 ans à l’époque. Il repart à Paris après la découverte de la grotte. Son père ainsi que sa mère se font arrêter. Il est arrêté lui aussi. Il est déporté à Drancy. Par miracle, il en réchappe peu de temps après. Simon se cachera jusqu'à la fin de la guerre. Il sera décoré de l’Ordre national du Mérite en 1991. Il sera nommé officier des Arts et des Lettres en 2011.

Instituteur à la retraite, Léon Laval deviendra correspondant du CNRS et Conservateur de la Grotte jusqu'en 1948. Il communiquera avec l'Abbé Breuil sur des sujets liés à l'authentification des peintures et sur des questions relatives au site.    



 





HAYDEN STAPNER

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