La relecture d'un roman : étape déterminante

RELIRE, c'est LUSTRER :

Une fois qu'on a écrit un livre, qu'on a concrétisée et couchée sur le papier toute l'histoire longuement élaborée en amont, vient le moment de la relecture, dont la valeur n'aura d'égale que l'intensité qu'on lui donnera.

En ce qui me concerne, j'aime relire d'une traite, c'est-à-dire en ne me consacrant qu'à cela pendant plusieurs jours. Mon but est d'entrer en immersion totale dans l'histoire, pour être sûre qu'aucun contre-sens, aucune erreur, aucun oubli, ne s'est glissé dans la narration. C'est en plongeant sans remonter qu'on maîtrise vraiment son propre océan.

C'est à la fois difficile et passionnant.

Difficile parce que la concentration est très intense, presque délétère au bout d'un moment. Il faut savoir doser, s'imposer des limites, des pauses, accepter de sortir de l'apnée ; et se forcer parfois à replonger, même quand on n'en a plus envie. Un drôle de mélange entre addiction et saturation.

Passionnant parce que c'est en se comportant en lecteur, en se laissant happer par son histoire, que l'on découvre vraiment les détails qui doivent être peaufinés, et qui feront peut-être toute la différence.

Il est des auteurs qui font plusieurs relectures. Une pour les personnages, une pour l'intrigue, une pour l'orthographe, etc... Je n'en fais que deux.

La première, la plus chronophage et énergivore, est dédiée à l'entièreté du roman. Si je vois des fautes, je les corrige. Si je trouve qu'une phrase est mal tournée, je la réécris. Si je décèle des passages faibles, je les retravaille. Je fais un scan complet, où le moindre défaut fait immédiatement l'objet d'une intervention. Cette relecture est extrêmement intense, et me permet de garder une connexion totale avec l'ensemble de l'histoire, pour en analyser le rythme, l'équilibre entre moments d'émotions, de réflexion, d'action, le style, etc... Au cours de cette relecture, je "réécris" de grands pans du roman, non pas en brisant son intrigue ou en semant le chaos dans tout le travail effectué, mais en faisant briller tout ce qui avait pu rester terne, ou mat. Je "lustre" l'oeuvre, pour qu'elle brille au maximum, sous tous les angles, sans zones d'ombre.

La seconde relecture est spécialement dédiée aux redondances. Je lance une recherche dans l'intégralité du document, sur des noms, des adjectifs ou des verbes dont je sais que j'ai la manie de les utiliser trop souvent, et je les remplace par des termes plus précis. J'enrichis le vocabulaire, j'affine les informations, pour offrir au lecteur un travail abouti, parachevé jusque dans les détails de son écriture.

Une fois ces deux relectures effectuées, j'ai le sentiment du devoir accompli. Je remonte à la surface avec la sensation d'avoir entièrement visité mon océan, et de l'avoir parfaitement nettoyé. Je me sens... libérée !

RELIRE, c'est VALIDER :

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Stéphanie Aten

Scénariste et romancière engagée, parce qu'être auteur, c'est alimenter l'inconscient collectif et participer à l'élaboration de la société.

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