La Princesse love moi, Vlada Nutella

Elle était belle blonde à la surface de la saison d’été, à jauger de son regard bleu irradié le pot tout juste éclos. Elle venait à peine de s’éveiller, se mit à secouer sa chevelure de lionne en rugissant pour la quarantième fois. Elle avança de trois pas à scruter d’un regard torve ce langoureux Nutella qui léchait le verre encore chaud, qu’un souffleur de verre venait d’aimer à la souche de sa bouche. Vlada des noisettes plein les poches s’affala sur le parquet, elle se glissa en poussant sur la paume de ses mains qui s’échauffèrent. L’index en alerte elle visait droit devant « Bang Bang !», ce n’était pas un pot de Nutella qui allait faire la loi. Elle roula quelques instants sur le temps qui essayait de lui fausser compagnie, elle bloqua la porte sans colère, avec un air du genre « Je ne sors pas de mes gonds comme ça ! ». Elle se releva, fit un écart de côté, les doigts sur le couvercle prête à faire bondir les sens. Vlada pensait, « Tu ne perds rien pour être tendre mon petit Nutella ! Je vais t’en tartiner des promesses et des offenses ». Elle tourna sur « Elle m’aime ! », fit un saut de chat en se tournant vers l’opéra sur un air de valse Nutella. Elle fit la moue, se remit debout, il lui restait quelques pots pour joindre les deux bouts. Les « Moi » selfie, l’émoi serré sur les mois qui défilaient, elle se consacrait religieusement à en faires des tonnes, même si autour d’elle l’on entendait « Cela m’étonne! », elle faisait fi de tout, prenait en désir ardent les défis les plus fous. Elle riait en faisait sauter tous les couvercles de ces pots qui devenaient des derviches tourneurs, elle regarda la pendule qui affichait le bonheur, la bonne heure à tous les temps sur la planète « Nutella love moi ». Vlada ressemblait à Barbarella, aérienne et spatiale, conquérante à dompter les nuages les plus sauvages, elle modelait des rêves entre ses doigts telle une orfèvre. Les dieux un peu paumés regardaient de leur observatoire cette jolie jeune flamme, ils ne comprenaient pas comment l’on pouvait peindre des songes couleur Nutella, Vlada riait de plus belle, telle qu’elle était. Le rituel quotidien pouvait commencer, ses lèvres sensuelles embrassaient la pâte, le pot coincé entre ses genoux était un prisonnier qui devenait fou, Vlada tournait la tête, personne ne devait s’approcher quand elle dégustait « Nutella love moi », elle ferma les cieux en entrant en communion, elle voyait entre deux arcs-en-ciel un ersatz de passion. La bouche couleur chocolat, elle se mit à danser « Baby I am yours ! », break pot all around, c’était la fin du dernier round, winner de cœur à imaginer des bébés parfumés au lait Nutella qui balbutiaient, « Maman les petits pots qui vont sur l’eau ont-ils des jambes ? ». La nuit se levait sur la planète « Nutella love moi », Vlada avança sur la pointe du silence, elle toucha légèrement les étoiles qui s’allumèrent, l’allée de la voie lactée fit un défilé de réverbères, sur la scène de l’éphémère un dernier effluve Nutella passa trois fois, Vlada Nutella referma alors la séquence.

Photo model Vlada Simon alias Vlada Nutella

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