La mort d’Alexandre le Grand

Fils de Philippe II roi de Macédoine et d'Olympias, élève d’Aristote, conquérant insatiable, couronné roi à 20 ans, vainqueur de batailles épiques, la vie d’Alexandre III de Macédoine est un véritable roman. Il est né en 356 avant J.-C. Il meurt en 323 avant J.-C., à Babylone à l’âge de 33 ans.

Nous allons nous intéresser dans cet article à l’énigme de sa mort. Nous sommes à Babylone en 323 avant J.-C. Alexandre le Grand se livre de plus en plus à des excès de boissons mais aussi de nourritures. Il festoie chez un certain Médius après un premier banquet déjà très arrosé. D’après l’historien Diodore de Sicile, il vide cul sec une énorme coupe de vin. Il est pris immédiatement d’une violente douleur qui le force à s’aliter.

Le lendemain, son état de santé empire. Une puissante fièvre apparait. Il est alité mais ordonne néanmoins qu’on le transporte pour accomplir les sacrifices rituels dont il est coutumier. Il donne des ordres concernant l’expédition en Arabie qui ne saurait tarder. Les heures passent, son état s’aggrave encore. Rapidement, il ne peut plus se lever. Les diadoques, c’est-à-dire les héritiers possibles, ainsi que son entourage, comprennent qu’Alexandre le Grand va mourir.

De moins en moins lucide, il confie la bague de son sceau royal à Perdiccas, l’un de ses généraux. Le lendemain, il perd l’usage de la parole. On lui fait prendre des bains. Son état ne s’améliore pas pour autant. Au contraire, la fièvre est toujours là, de plus en plus forte.

Les soldats macédoniens veulent connaître l’état de santé de celui qu’il considère comme un dieu. Au palais, ils sont de plus en plus nombreux à attendre devant la chambre du malade. Certains peuvent entrer. Les soldats passent devant Alexandre le Grand conquérant du plus vaste empire de l’antiquité. A chacun, il leur adresse un geste à peine perceptible ou un clignement de paupière. Il est extrêmement faible. Sa fin est imminente.

Son agonie va durer dix jours. La cause réelle de la mort d’Alexandre le Grand est un mystère. Les historiens et les archéologues ont envisagés toutes les causes possibles. L’empoisonnement criminel, un virus foudroyant, une fatigue extrême, une maladie de longue date. Ce qui est le plus probable, même si l’hypothèse d’un empoisonnement ne peut être écartée, c’est la thèse de la fatigue conjuguée à une trop grande absorption d’alcool.

En effet, selon les informations laissées par Diodore de Sicile, le soir où la douleur se manifesta, Alexandre le Grand avait vidé une énorme coupe de vin. Cette accumulation subite d’alcool dans l’organisme a dû provoquer une réaction fulgurante. On pense à une pancréatite aigüe. L’absorption d’alcool dans un organisme fragilisé par la fatigue aurait très bien pu terrasser Alexandre le Grand.

Au sujet de l’empoisonnement criminel, on peut penser raisonnablement à Antipatros comme commanditaire de l’assassinat. En tous cas, il y a des indices qui permettent de le soupçonner. Il s’est fait évincer de la régence de Macédoine. Il aurait par la suite craint pour sa vie. Antipatros aurait pu facilement demander à son fils Iolas qui était chargé de servir à boire à la table du roi de verser du poison dans le vin.

Le second suspect est Aristote. Tout comme Antipatros, Aristote aurait utilisé d’Iolas. Il se serait vengé de son ancien élève parce qu’Alexandre avait donné l’ordre de tuer son neveu Callisthène. Celui-ci avait critiqué Alexandre qui voulait se faire adorer comme un dieu.

Quoi qu’il en soit et pour rester dans la thèse de l’empoisonnement, le poison utilisé aurait pu être un dérivé de l’arsenic appelé l’anhydride arsénieux. Certains spécialistes disent qu’il pourrait s’agir aussi d’un breuvage composé à l’aide de racines d’hellébore blanche. Cette plante était très usitée dans l’antiquité notamment comme remède. Pour le coup, l’hellébore blanche a nourrit la théorie selon laquelle la mort d’Alexandre le Grand serait dû à un empoisonnement médicinal.

La cause de la mort d’Alexandre le Grand restera sans doute un mystère à jamais. Toutefois, chacun peut se forger une opinion. Les arguments ne manquent pas et sont intéressants pour les différentes causes envisagées.


HAYDEN STAPNER

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