La future V.E. sera-t-elle un char?

Il semblerait qu'enfin la voiture électrique sorte de l'ombre et trouve son marché.

Doit-on en profiter des progrès réalisés dans de nombreux domaines technologiques pour revoir encore plus l'architecture de l'automobile ?

Dans l'affirmative évidente, voyons le cahier des charges et les solutions déjà présentes sur un plan grand-public jusqu'aux annonces de laboratoires.

Peu de gens le savent mais l'industrie automobile est un univers aux marges réduites, celles-ci, par la loi des grands nombres, faisant d'un succès ou d'un échec commercial un avenir incertain pour tout acteur du marché.

Donc, comment répondre aux enjeux de la mobilité de demain avec la meilleure performance économique?

La consommation d'un véhicule est proportionnelle à un échelon primaire, sa masse.

Plus un véhicule est lourd, plus il aura tendance à consommer. De plus, la masse représente aussi un coût en matériau. L'allègement est souvent envisagé sous l'angle de l'utilisation de matériaux spéciaux du type composites, mais là, c'est le produit de base qui surenchérit le produit final.

Le v.e. a des avantages que l'on n'énonce pas assez. A puissance égale, le moteur électrique est plus léger qu'un moteur thermique, un moteur de Formule E fait moins de 30 kg. Son maître-couple disponible immédiatement est gage de performances dans les besoins d'accélération qui sont le propre des usages majoritaires (déplacements urbains). De plus, avec sa réversibilité, le moteur électrique remplace souvent le frein mécanique, permet quelque récupération d'énergie, d'où moins de pollution tant au niveau carburant que production de polluants fins (frottements des plaquettes). Lorsque chaque roue est associée à un moteur électrique, on allège d'autant la voiture en ôtant le différentiel. L'intelligence électronique est capable d'analyser tous les paramètres de la conduite plus rapidement que le conducteur. Amélioration du contrôle du véhicule en toutes conditions de déplacement.

Là, je me dis qu'une frontière technologique peut être franchie.

On admire certains véhicules militaires ou tout-terrains à pouvoir manœuvrer sur place par l'inversion de rotation du train gauche et droit. Malheureusement, du fait des liens mécaniques des motorisations classiques, ces mouvements sont contraints à de très basses vitesses. En électrique, la difficulté est levée.

Imaginons un véhicule électrique avec quatre roues motrices via quatre moteurs. Rien n'empêche d'imaginer le transfert des principes quatre roues indépendantes pour tout mouvement. Le rayon de braquage est réduit d'autant, le système de direction peut être supprimé (drive by wire), offrant un allègement important. On peut, via l'électronique, asservir chaque roue pour que, suivant les vitesses atteintes, faciliter les virages.

Certains reprochent aux directions électriques le manque de sensations au volant pour "sentir" la route. Mais les joueurs de jeu vidéo connaissent déjà la réponse, le volant à retour de force, équipé de vibreurs transmettant les sensations d'un volant classique, voire jusqu'au volant sans direction assistée.

Gestion de l'énergie. Bolloré, sur son prototype la Blue Car, avait implanté des surpercapaciteurs dont la caractéristique serait à comparer à un compresseur volumétrique sur une voiture thermique. Fort couple à bas régime. Alain Prost, en essayant ce véhicule avait considéré ce principe trop performant pour le conducteur lambda. Pour autant, ce procédé "soulage" les batteries d'une trop forte sollicitation, donc d'un échauffement préjudiciable à la durée de vie de celles-ci. Si on ré-introduit ces supercondensateurs avec une gestion électronique ad hoc, on peut réduire le circuit de refroidissement des batteries, gain de masse. Comme ces composants sont d'excellents accumulateurs lors des phases de ralentissement/freinage, pour un véhicule urbain, il peut s'envisager une réduction proportionnelle du volume de batteries nécessaires pour un usage urbain ou un gain d'autonomie pour un même volume de batteries pour un usage extra-urbain.

Quatre roues fixes facilitent l'aérodynamique du véhicule en permettant des ailes pleines couvrant les roues.

Bref, profitons des avancées technologiques pour revoir l'organisation structurelle de nos futures voitures, plus compactes, plus légères, plus efficaces, ouvrant aux designers des voies d'expression esthétiques doublées d'améliorations de performance et d'efficacité énergétique, triplées de facilités de manœuvres pour le stationnement ou la circulation sur voies étroites ou dégradées.

Nous avons gagné de précieux kilos et mis en place des technologies déjà existantes et à faibles coûts sans pertes de confort de conduite, au contraire, comme disent certains, "Yapuka"!

Les progrès de laboratoires seront à chercher au niveau des aides à la conduite autonome, mais quelques marques telles que Tesla montrent que nous sommes proches d'un efficacité équivalente à la maîtrise humaine d'un véhicule.

Jean-marc Doniat

Concepteur indépendant dans le domaine du Développement Durable, énergie verte, mobilité durable etc. De Tours (37) France

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