La faux soyeuse - Éric Maravélias

« La faux soyeuse » – Eric Maravelias

Gallimard – La série noire

T’as deux solutions.

Soit tu lis les trucs dont ils causent à la télé ou sur France Culture (Je vais encore me faire des potes), souvent écrits avec les pieds, soit tu lis des livres.

Des vrais livres.

Je parle souvent de ça.

Tu vas finir par croire que je fais un amalgame ou que je suis un aigri impénitent. C’est pas ça. Je suis souvent esbaudi, voire désemparé (t’as vu, j’ai du vocabulaire) par la qualité de nos rentrées littéraires. Là, on est loin de la rentrée littéraire. La Faux Soyeuse, ça sort en 2014, à la Série Noire de Gallimard. Je vais pas te raconter l’histoire, y en a plein qui l’ont déjà fait, et beaucoup mieux que moi.

Des chroniques en pagaille sur des blogs vachement pointus et dédiés au « Pôlar » (Encore ma recherche effrénée de copains), ont dû en motiver quelques-uns à foncer chez le libraire pour le voler ou l’acheter. J’espère d’ailleurs qu’ils l’ont acheté, parce que le vol, au niveau droit d’auteur, c’est limite.

Donc je te raconte pas, ça sert à rien.

En revanche, ce que je veux te dire, c’est ce qu’il y a derrière les mots.

Je suis pas un poète. Je sais pas écrire de la poésie.

Lui, il sait.

Quand t’as l’impression d’être dans le fond du marécage, avec des eaux noires et boueuses qui t’entourent au point que tu te rends compte que tu peux pas nager pour t’en sortir, Eric Maravelias il te file un coup sous le menton, et il le fait avec ses mots qui t’envoient au ciel. Parce que le ciel, il est jamais très loin.

Tu comprends tout à coup que la came, celle dont il parle, c’est quelqu’un. C’est pas juste un truc que tu te balances dans les veines. Elle est là, et elle te guette, et elle te sourit, et elle te cajole.

Et elle te tue.

« Puis peu à peu, à force de réfléchir, j’ai compris. Dix piges d’élan pour faire le grand saut. C’est comme ça qu’il est parti. Par choix. Titan aux pieds d’argile. Moi je n’ai pas ce courage. Pas encore. Je continue à traîner ma carcasse dévastée au milieu de ces quartiers en décomposition, fissurés, morcelés. Je n’ai pas le choix. »

Tu vois ce que je veux dire ?

Ce bouquin, je l’ai lu il y a quelque temps. Pas pu faire de retour à ce moment-là. Incapable, tellement il m’a pété les côtes. Parce que quand on te pète les côtes, tu peux plus respirer. Certains livres sont comme ça. Tu les fermes, et ils existent au fond de toi, jusqu’à ce que tu puisses redonner ce qu’ils t’ont offert.

Tu te dis que Franck t’aurais bien voulu le connaître avant, être son pote, l’aider à regarder plus loin, lui tenir la main pour pas que…

Si tu l’as pas lu, va l’acheter.

Si ton libraire l’a pas, commande-le et dis-lui de le lire.

Parce que s’il le lit, il le vendra.

Et il faut.

http://www.leslivresdelie.com


Nicolas Elie

J'écris, je lis, puis j'écris...

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