L’extraordinaire ne suscite-t-il pas seulement la peur ?

Depuis toujours, certains faits nous intéressent plus que d’autres car ils nous permettent de ressentir des émotions fortes. C’est le cas de l’extraordinaire qui nous interpelle et retient notre attention car il nous permet de sortir de l’ordinaire et d’éveiller en nous des sensations nouvelles . L’extraordinaire ne suscite-t-il pas seulement la peur ? S’il est évident que l’extraordinaire suscite seulement la peur, il existe des arguments prouvant qu’au contraire, l’extraordinaire suscite d’autres émotions plus positives .

Pour commencer, nous allons voir que l’extraordinaire suscite seulement la peur. Nous pouvons parler dans un premier temps des catastrophes naturelles. Il y a l’éruption du Vésuve en Italie en 1979 qui a entraîné la destruction de Pompéi. Effectivement, la ville s’est retrouvée ensevelie sous les cendres qui tombaient du volcan. Cette catastrophe a entraîné la mort de plusieurs milliers de personnes. Cela a engendré de la peur pour la population lorsque les faits ont été relatés mais également pour ceux qui l’ont vécu et ont vu la mort arriver, sans pouvoir y échapper. Mais les catastrophes naturelles sont nombreuses et il ne s’agit que d’un exemple. Nous pouvons aussi parler de l’ouragan Sandy qui a eu lieu en 2012 dans l’océan Atlantique Nord. Il a causé de nombreux dommages. En effet, le coût de réparation des dégâts s’élevaient à plus de cinquante milliards de dollars . L’ouragan Sandy est également la cause de nombreux morts et a fait plusieurs blessés. Nous avons parlé de ces deux-là mais les catastrophes naturelles sont nombreuses : les guerres, les tremblements de terre, les tsunamis, les séismes… Ces catastrophes nous effraient car elles arrivent sans prévenir, on ne s’y attend pas, et quand elles sont là, il n’existe aucun moyen nous permettant de lutter et de les contrôler. On ne peut qu’attendre et espérer tout en sachant que les dégâts et les victimes seront importants .

Mais ce n’est pas tout. Les monstres aussi nous font peur . En effet, depuis que nous sommes enfants ils sont présents autour de nous, certains paraissent sympathiques mais d'autres nous inquiètent énormément. C'est le cas par exemple de Cerbère , très connu dans la mythologie grecque. Il est le fils d'Echidna et de Typhon. Certains monstres sont monstrueux physiquement (Quasimodo), d'autres le sont moralement. Cerbère, quant à lui, est monstrueux physiquement et moralement. Physiquement car c'est un chien à trois têtes (qui signifient différentes choses en fonction des sources : passé / présent / futur ou encore naissance / jeunesse / vieillesse) avec une crinière de serpents et une queue de dragon. Cerbère est le gardien des Enfers. Il y est enchaîné à l'entrée et passe son temps à terroriser les morts. Mais pas seulement, il est aussi monstrueux avec les vivants qui essayaient de forcer le passage afin de récupérer quelqu'un ou quelque chose du côté des Enfers. Cerbère suscite donc de la peur chez toutes les personnes qu'il rencontre puisque rares sont les personnes qui ont réussi à l'amadouer (Orphée avec Eurydice y est parvenu en jouant de la lyre par exemple).

La peur peut aussi venir de l’inconnu . Quand on ne connait pas, on n’ose pas s’aventurer généralement. C'est extraordinaire de ne pas savoir, d'être dans le doute tout le temps mais par ailleurs cela nous inquiète beaucoup. Nous pouvons prendre l’exemple de la mort, qui est l’une des plus grande crainte de l’Homme. En effet, nombreux sont ceux qui en ont peur car on ne sait pas ce qu’il y a après. Certains croient en la vie après la mort, pour eux si la vie se termine sur terre, c’est parce qu’elle commence dans l’au-delà, peut-être même meilleure. Il y a les croyants qui considèrent que Dieu les a rappelés à Lui parce qu’Il avait besoin d’eux, alors la mort parait plus simple, elle a un but. D’autres croient en la réincarnation. Selon Platon, il y a détachement de l’âme d’avec le corps. Le corps qui n’est que l’enveloppe de notre âme se retrouve enterré. Tandis que notre âme continue à vivre. D’autres encore pensent qu’il n’y a rien, qu’un jour la vie s’arrête, qu’on se retrouve six pieds sous terre et qu’il n’y a plus rien. Mais personne ne sait réellement, on ne fait que des suppositions, nous n’avons aucune certitude. Et, c’est cela qui fait peur, le fait qu’on suppose juste. L’inconnu est une zone d’ombre que nous n’arrivons pas à cerner. On a peur car on perd le contrôle. Lorsqu’on connait, on est capable de maîtriser. C'est pour cela que l'inconnu, quel qu'il soit, nous inquiète autant .

Si l'extraordinaire suscite par de nombreux côtés de la peur, elle suscite à l'inverse d'autres sentiments beaucoup plus positives, et c'est ce que nous allons voir maintenant, que l'extraordinaire ne sert pas seulement à faire peur .

En effet, l'extraordinaire ne sert pas seulement à faire peur. L'extraordinaire peut susciter de l'émerveillement , C'est le cas notamment des paysages. Nous avons l'exemple des paysages qui se visitent par exemple comme Le Cinque Terre en Italie. La couleur de l'eau, le soleil qui reflète dessus, ce qu'il y a autour, cela semble presque utopique. On peut aussi prendre l'exemple du film Belle et Sébastien. Les paysages dedans sont époustouflants tout comme les gros plans sur les animaux. Il y a le souvenir de cet oiseau dans le ciel bleu. C'est tellement beau que cela nous marque, même des années après, on en garde le souvenir. Nicolas Vanier choisit les plans cinématographiques de manière à mettre la nature en avant et cela est très réussit .

L'extraordinaire peut aussi redonner espoir . C'est le cas notamment pour de très nombreux progrès fait dans la médecine. En effet, nous avons l'exemple de la leucémie. Avant lorsqu'on nous disait qu'on était atteint d'une leucémie, cela sous-entendait que la fin était proche, trop proche, il n'y avait plus d'espoir. Et, cela remonte à il n'y a pas si longtemps pourtant. De nos jours, il y a un peu plus d'espoir, Cela reste l'un des cancers les plus difficiles à soigner. Néanmoins, aujourd'hui, les progrès en médecine permettent de retarder et d'empêcher les cellules cancéreuses de se multiplier aussi vite qu'avant. Il existe même des moyens pouvant stopper le cancer quelques années, de le mettre « en pause ». La leucémie reviendra, mais l'espérance de vie est plus importante qu'avant. La fécondation in vitro est aussi un progrès extraordinaire en médecine. Des personnes voulant un enfant et ne pouvant pas en avoir de façon naturelle, peuvent tout de même mettre au monde un enfant, c'est beau .

Mais ce n'est pas tout. Le pouvoir de l'écriture aussi est extraordinaire et ne fait pas peur. L'écriture a ce côté libérateur . C'est extraordinaire de se dire que mettre des mots sur des maux peut nous aider à ce point. Nous avons l'exemple de PaucaMeae, qui est le quatrième recueil issu des Contemplations de Victor Hugo. C'est extraordinaire de lire des poèmes aussi sombres finalement et de se dire quand même « C'est beau ! ». Parce que les mots, les rimes sont magnifiques. Victor Hugo vient de perdre sa fille, Léopoldine ainsi que son gendre. Par le biais de poèmes, il reste "en contact" avec elle. Au fil des pages, on sent Victor Hugo qui va de moins en moins bien, comme s'il s'enterrait petit à petit. Puis le temps passe au fil de ses poèmes, il finit par lui rendre visite pour la première fois le 4 septembre alors qu'il n'y était jamais allé. Déjà, il franchit une étape. Puis un jour il va mieux. Les mots l'ont apaisé. A la fin du recueil, on ne peut pas dire qu'il va bien, ni qu'il a oublié, on n'oublie jamais. Néanmoins, il a appris à accepter la mort de Léopoldine. Marguerite Duras disait « Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit. ».

Pour conclure, nous avons pu constater que si d'un côté l'extraordinaire est assimilé aux catastrophes, aux montres et à l'inconnu ce qui nous procure une peur épouvantable, il est par ailleurs assimilé à des idées beaucoup plus positives. En effet, il y a la beauté des paysages, les progrès ingénieux de la médecine et la beauté et le côté libérateur de l'écriture. Mais une question subsiste tout de même. Avec le monde qui évolue, nous pouvons nous demander dans plusieurs années, ce qui sera encore extraordinaire et ce qui d'ici là, ne le sera plus 

Marjorie Bridel

Je m'appelle Marjorie et je suis âgée de 22 ans. J'ai commencé la lecture et l'écriture très jeune. Mon premier roman a été publié en 2012. Depuis novembre 2019, je suis correspondante de presse locale pour le Dauphiné Libéré.

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