L'esprit des morts - Andrew Taylor

L’esprit des morts – Alex Taylor

Cherche midi

T’as envie de te balader dans Londres en 1819 ?

Viens, je t’emmène, comme disait la chanteuse, tu sais, la blonde qui mangeait des sucettes.

Pourquoi 1819… Parce que.

1819, c’est l’année où Edgar Allan Poe, tu sais le mec qu’a écrit des histoires de chat, entre autres, a passé quelque temps à Londres.

Quand je dis des histoires de chat, je déconne.

Oublie pas que ce Monsieur, c’est lui a donné ses lettres de noblesse à la nouvelle, grâce à, je vais t’apprendre quelque chose, sa théorie de l’effet.

Cherche, tu trouveras. Si je t’apprends rien, c’est que t’es vachement pointu en littérature.

C’est aussi l’inventeur du roman policier, du fantastique… tu vois le truc ?

Un Monsieur.

Bon.

Dans ce roman, quasiment gothique, Edgar Allan Poe n’a pas réellement une place prépondérante. Il n’est qu’un personnage parmi d’autres.

C’est un texte long, et c’est rare aujourd’hui. Tu vas suivre les gens durant 650 pages.

Moi qui râle tout le temps parce que j’en ai pas pour mon argent, là, j’avoue avoir été servi.

L’auteur, puisqu’il s’agit d’un journal, c’est Thomas Shield. Me demande pas s’il a existé, j’en sais rien, et on s’en fout. C’est le précepteur de Charlie Frant et d’Edgar Allan Poe.

Jusque-là, rien de transcendant, tu vas me dire.

C’est vrai.

Tu tournes les pages, parce que tu veux savoir si entre Thomas et la mère de Charlie, il va se passer quelque chose. Tu sais, l’attrait du voyeur dont j’ai parlé dans une autre chronique.

La mère de Charlie, elle s’appelle Sophie.

Elle est belle, intelligente, et malheureuse.

T’as vu, on se croirait dans un harlequin.

Ben non.

Il y a un type qui est retrouvé mort.

Mais pas que.

Il a été massacré à coups de marteau.

Tous les indices t’emmènent chez les Frant. Donc chez Charlie, sa mère, et son père.

Je peux pas te dire, sinon ça spolie grave.

Juste, Thomas Shield, il décide de trouver le coupable.

Il est fort Andrew Taylor.

Très fort.

Il t’emmène avec lui dans les rues de Londres, dans les taudis de Saint Giles et de Seven Dials, avec les gens qui y vivent, souvent dans la pauvreté la plus complète.

Tu sens l’odeur des excréments jetés par les fenêtres, la crasse permanente qui s’infiltre partout.

Tu vas te rendre compte que finalement rien n’a changé.

Les pauvres, aujourd’hui, ils ont un smartphone et ils balancent sur les réseaux sociaux, mais ce sont les mêmes.

Tu vas maudire, comme moi, ces bourgeois avides de pouvoir et d’argent. Ceux qui traitent les autres comme des esclaves corvéables à merci.

Ceux qu’on imagine propres et bien élevés.

Les mêmes qu’aujourd’hui, je te dis.

Les mêmes.

C’est un roman brillant.

Vraiment brillant.

Écrit dans une langue parfaite.

On s’éloigne grave du néonoir de chez Gallmeister, mais franchement, va le chercher.

Fais-moi confiance.

Tu vas l’adorer.

http://www.leslivresdelie.org

Nicolas Elie

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