L'effet de mode, acteur historique

Les comportements et décisions sont soumis à des influences multiples. L’influence de l’individualisme, est en fin de compte, celle qui produit l’histoire. Le collectif étant la somme des individualités. Une cause telle qu’elle soit, nécessite pour être défendue, d’être considéré comme juste. Mais qui décide donc, de la vertu de justesse d’une cause, d’une mobilisation. En effet, de nos jours, on imagine mal, la cause du racisme ou de l’homophobie être défendue et ainsi, considéré comme juste. Pour autant, certaines de ces causes, étaient et sont fortement défendues, selon l’époque, ou la région dans laquelle nous nous situons. En effet, l’antisémitisme était considéré comme cause juste jusqu’en 1945, tandis que le racisme noir l’été jusqu’à encore peu et le reste encore dans certains endroits.

Ainsi, se pose la question, quel est le fruit du revirement intellectuel de la population. Pourquoi l’Allemagne nazie de 1940 ne l’est plus en 1946 ? Pourquoi, de plus en plus de mouvements se réclamant du peuple naissent dans l’hystérie la plus totale, pour ne plus qu’exister qu’à partir de ces membres les plus orthodoxes et radicaux quelque temps plus tard.

La mode, est décriée d’un commun d’accord comme une ineptie sans nom, créatrice de stéréotype. Ainsi, grossièrement, dans certains domaines, il est à la mode de ne plus être à la mode. Chacun se réinvente, dans le but de se distinguer en pratiquant le « J’ai trouvé ma voie ». Pourtant, c’est cette même mode qui fait l’histoire à bien des égards.

Un mouvement, pour exister a besoin de pionniers, de convaincus, de penseurs, théoriciens, de personnes en marge de la mode de l’époque. Tous ces gens sont censés ériger un nouveau paradigme. Pourtant, ils ne suffisent pas. Pour que celui-ci vive et survivre aux assauts des penseurs du paradigme dominant, il faut capter la masse.

Pour qu’une cause soit juste, il faut que la masse trouve intérêt à la considérer comme juste. Si Adolf Hitler, avait bâti une idéologie racialiste et antisémite sans faire des Juifs, les boucs-émissaires des maux de l’Allemagne, seuls les Allemands les plus radicaux, présent avec Hitler en 1920 auraient suivi le mouvement. De ce fait, aucun des événements qui ont suivi n’aurait pu se dérouler de pareille manière. De même, de nos jours, la vague de tolérance, et de respect mutuel qui s’abat sur le monde, n’est qu’un effet de mode comme un autre. Un effet de mode, où chaque participant trouve un intérêt individuel à prôner ses valeurs. Un intérêt commercial, statutaire parfois même carriériste. En effet, une société aura à cœur, de grader quelqu’un dans la tendance. La discrimination positive va de pair avec l’effet de mode, elle alimente chaque mouvement d’une certification de cause juste. En soutenant telle ou telle cause devant le public, je m’assure la bienveillance du public car celui-ci est majoritaire. Si le public n’est pas majoritaire, alors la cause n’est pas considérée comme juste, et tout individu défendant cette cause, est catalogué à tort ou à raison de radicalisme, d’intégriste. Ces derniers individus se retrouvent d’ailleurs, une fois l’effet de mode passé, jeter sur la place publique, à soutenir seul leur cause qui par un mouvement de population n’est plus considéré comme juste. Ce sont eux, les seuls véritables convaincus de leur cause. Autour d’eux, existe les fidèles. Les fidèles sont les individus ayant rallié la cause, une fois que celle-ci était ou était sur le point de devenir juste. Les fidèles vont être animées par plus ou moins de démagogie, et s’investir de manière disparate selon leurs intérêts. Leurs actions au service de la cause juste, vont fluctuer du fait des événements qui se rapportent à la cause. Ils n’hésiteront pas à choisir, les plus médiatisés quitte à ce qu’ils ne soient pas les plus importants. La plupart des manifestants Black Lives Matters ne s’offusquent pas plus de l’esclavage noir encore présent dans certaines régions du monde, car individuellement, cela leur rapporte peu. Par ailleurs, défiler et scander des slogans à l’encontre des forces de l’ordre rapportent plus socialement et nécessitent moins d’engagements de leur part pour ne pas entacher leur image lorsque la mode ne sera plus à ça. En effet, le fort nombre de personnes aux manifestations BLM pouvaient laisser croire à une véritable prise de conscience de la population, pour autant au fil du temps cette masse de fidèle s'est réduite conjointement à ce que certain nomme une radicalisation du mouvement. Le même procédé peut être appliqué aux gilets jaunes. Au fil du temps, leur mobilisation s'est affaiblie au point de ne même plus être concerné par une quelconque récupération politique des populistes de droite comme de gauche. Dès les premiers signes qu’un mouvement perd de son ampleur, la carte « trop de radicalité » est joué par les fidèles les plus démagogues pour s’extirper de la cause, qui n’est plus tendance et donc considérée comme juste. 

Xa M

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