Killer Kid - Claude Klotz

« Killer Kid » – Claude Klotz

Éditions Albin Michel

1989. Il parait un genre d’Ovni, et personne n’en a vraiment parlé à l’époque. Ou alors je m’en souviens plus. C’est sûr que si ce roman sort aujourd’hui, il est sur toutes les radios, dans tous les écrans de télévision, et sur tous les journaux. Quoique. Même pas sûr.

Deux histoires. Deux narrateurs. Deux gosses. Onze ans.

Un des deux est acheté à ses parents. Il est payé en dollars, en billets syriens et jordaniens. Peut-être que Klotz n’a pas vraiment voulu prendre parti. Et encore. Je pense qu’il a simplement voulu nous parler de ce qui existait déjà à l’époque (au vingtième siècle, tu te souviens ?), à savoir les enfants soldats.

Ceux qu’on achète, et à qui on met des armes entre les mains… Ouais. Tu t’en souvenais pas non plus ? On en parlait sans doute moins dans nos médias intello-branchouilles… Et puis Facebook n’existait pas. Je te rappelle que ce rézô est apparu en 2004. Toi aussi, t’avais l’impression que c’était là depuis le paléolithique ?

Non. 2004.

Donc, un enfant soldat. C’est à la mode en ce moment.

Au début du bouquin, tu te demandes où il va. C’est l’histoire de la guerre en Palestine ? ou c’est l’histoire d’un gamin de banlieue, pas super bon à l’école, mais dont le père décide que l’avenir passe par les livres ? Au fait, le père il est jardinier au Palais de l’Élysée… Ça a pas l’air, mais c’est important…

Tu décroches pas, parce que chaque chapitre t’emmène au suivant. Tu décroches pas, parce que quand Klotz commence à parler de l’amitié entre ces deux gosses, tu te dis que c’est juste pas possible. Il va pas nous emporter là ?

Ben si.

Il nous y emmène, il nous prend par le bras et nous dit : « Regarde. C’est comme ça que ça se passe… Et il nous dit aussi un truc, qui me rappelle furieusement ce que j’ai lu un peu partout.

« Il y avait des statues jusque sur le bord des toits ; entre les fenêtres, partout… Et contre ça on ne pouvait pas se battre, je ne sais pas pourquoi j’avais cette impression parce que c’est vrai qu’il aurait suffit d’un missile et tout volait mais ce n’était pas vrai, je ne pouvais pas l’expliquer, mais je le sentais, les choses ne pouvaient pas mourir ainsi, comme Fernand, il était mort et il ne l’était pas. Il y avait une force dans ces femmes de pierre dressées au milieu des jardins qui me condamnait, moi et les autres. »

Tu vois ce que je veux dire ?

Il est sorti en poche, parce que je crois qu’on l’étudie à l’école, ou à la Fac…

C’est pas dommage.

Je te l’ai déjà dit mais si t’as décidé de protéger la forêt amazonienne, laisse tomber le grand format chez Albin Michel. En plus, entre un paquet de clopes à 8 balles, et un livre à 5, fais comme si t’avais pas le choix…

Mais lis-le. Ou relis-le, parce que comme moi, tu l’avais peut-être oublié. Alors ressors-le de ton étagère. Il est classé à K. Comme Klotz…

http://www.leslivresdelie.com


Nicolas Elie

J'écris, je lis, puis j'écris...

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