Je vis ma mort

Je vis ma mort dans une stase immortelle.

Je me noie dans le lac hivernal et glacé.

Dans la lumière sélénienne, l'ombrelle

Brisée, délabrée, oserait se dégrader.


Inutile objet dans la noirceur la plus pure,

Tel un démon dans une toundra désertique.

Aurore boréale à la griseur impure,

Bienvenu dans la décrépite crasse esthétique.


Le mal à l'heure triomphe toujours.

Serais-je du destin le grossier pantin?

Ce moment d'abandon aux inconnus autour,

Ce pamphlet désarticulé qui brûle au satin.


Lucifer lui si virulent pleure et s'endort.

Plus fort que la haine, plus fort que le mal

Que la tristesse, plus fort encor que la mort.

La lassitude ronge ta chair animale.

Ton esprit poussiéreux au sanglant sanglot

Berce du Zéphyr le naufrageux bateau.


Le Léviathan devait servir de festin

Au tout dernier repas, celui du destin.

C'est maintenant lui qui goulûment se repaît

De mon âme. Ah! que de charogne faisandé !

Que de pourriture exquise à dévorer,

Pour un ressenti à jamais étiolé.


Car dévoré je le suis, fait et subit.

Tel l’Ouroboros mais pour ma part en vie.

Vivant? Vraiment? Ce cadavre qui rit?

Je m'enlise dans la tourbière cruelle

Alors que mon cœur encore écœuré se pourrit.

Je vis ma mort dans une stase immortelle.

Xaman

Un jour poète, une nuit musicien. Un jour écrivain, une nuit esthète. Un jour artiste, une nuit à jouer. Un jour kiné, une nuit anarchiste.

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