Je sais pas - Barbara Abel

Je sais pas – Barbara Abel

T’avais pas lu de chronique de Barbara Abel jusqu’à présent.

C’est normal.

J’avais pas lu de bouquins qu’elle avait commis.

Là, j’ai lu.

Aujourd’hui.

Et je sais pas.

Et c’est pas un jeu de mot à la con.

J’ai pas d’opinion.

Les cinquante premières pages, j’ai trouvé vraiment sympa. C’est bien. Plein de choses qui te poussent à continuer, et j’adore ça.

La suite.

Ben, on va pas se mentir, tu sais que c’est pas mon truc.

Quand tu sors de Pollock, de Bouysse, de Maneval, de Donovan, entre autres… pas simple d’adhérer à une langue qui te fait pas frissonner.

Et là, j’ai pas frissonné.

Les personnages m’ont pas bluffé.

La forêt m’a pas fait peur, et pourtant j’aurais bien aimé.

Tu sais quasiment dès la moitié du livre qui a fait quoi, et c’est dommage. Le pitch de départ, c’est une tuerie, dans le sens où cette idée de faire d’une môme de 5 ans l’héroïne du roman, c’est juste génial.

Mais merde !

Il manque des mots, ou il manque des pages.

Décrire les personnages de l’extérieur, avec des ficelles déjà vues un peu partout, c’est ballot.

Pas de surprises.

Personne pour rattraper le coup.

La gonzesse qui s’ennuie avec son mari prof de fac, c’est pour ça qu’elle se laisse pécho par un mec.

Le mec en question, qu’est à fond mais pas complètement et on va vite comprendre pourquoi.

L’instit qu’est un peu nulle avec les gosses mais qu’est à fond aussi, et qui va disparaître dans la forêt.

Les 2 papas qui font semblant d’être à fond.

Et Emma, 5 ans, qui sait pas.

Si seulement Madame Abel était rentrée dans sa tête.

Si seulement.

J’avais oublié le flic.

Une caricature.

Rien qui te laisse la marque que t’espère de chaque roman que tu ouvres.

J’ai remarqué quand même qu’elle arrivait à me donner mauvaise conscience, à certains passages, parce qu’Emma, elle m’a gonflé. Et c’est rare de te faire énerver par une gosse de 5 ans.

Chez moi, en tout cas, c’est super rare, voire impossible.

J’aime trop les mômes.

Donc :

Un chouette roman, avec une vision de l’enfer intéressante, parce que finalement, l’enfer, c’est toujours les autres, et qu’on est tout le temps le Diable de quelqu’un.

Un Diable de 5 ans, tout blond, avec un visage d’ange.

L’idée, elle est là, mais elle reste au ras des pâquerettes, comme disait l’autre, le chanteur.

Pas de temps mort, et c’est ce qu’on demande à un roman.

T’emmener dans l’histoire, et ne pas te lâcher.

C’est réussi.

Être surpris, par le style, par l’histoire, par la fin.

Voilà.

J’ai pas eu ça.

Alors me fais pas dire ce que j’ai pas dit. J’ai passé un bon moment, parce qu’il y a quand même de belles trouvailles, sinon j’aurais regretté mes 20 balles.

Pas là.

Déçu ?

Ouep.

Mais je pense qu’au vu de la carrière de la dame, je m’en vais aller en chercher un autre, parce qu’elle écrit foutrement bien quand même.


Nicolas Elie

J'écris, je lis, puis j'écris...

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