Hommage Pourpre...

« My name is Prince ! », voici quatre mots qui ouvraient très souvent ses concerts, « On the One ! », comme autre gestuelle verbale pour diriger ses musiciens tel un chef d’orchestre… J’ai eu l’occasion d’assister à ce qui restera sa dernière prestation en France… La dernière, une pensée que je ne surmonte toujours pas….

Pour cette « dernière » visite le cadeau ultime fut de filmer de manière officielle un extrait du show pour ensuite le proposer gratuitement en streaming vidéo. Inutile de dire que de « se voir » à l’écran pendant un concert d’un artiste de cette envergure tient du surréaliste pour n’importe qui… Mais quand on est fan ? Que se passe-t-il ?

Dans ce genre de situation, je pense qu’il y a seulement lieu de parler de grand frisson et d’intense émotion… alors qu’il y a 20 ans, la simple idée de peut être le voir sur scène aurait pu tenir du miracle complet !!

A quel moment devient-on fan ? A quel moment un artiste seul occulte et décuple à la fois votre culture musicale ? La réponse est en fait très simple. Pour vous répondre, je vais vous parler de la sensation éprouvée lorsqu’un nouvel album est sur le point de sortir, alors que cet album peut être annulé jusqu’à la veille de sa date de sortie annoncée… Je vais vous parler d’une cagnotte que l’on constitue pour une occasion incertaine, pour un éventuel premier concert… ou tout simplement parce que tout peut arriver, y compris la déception de ne rien voir se concrétiser.

On est fan quand il faut essayer de faire comprendre à ses parents qu’une seule place de concert coûte autant d’argent qu’un smartphone dernier cri (oui là je suis obligé d’être anachronique pour masquer le fait que les smartphones n’existaient pas à cette époque…). Que dire à son épouse quand il faut « envisager » de repousser sans cesse la réservation des vacances, juste sur une simple présomption de concert à venir… et qu’en plus cela suppose un séjour à Paris, Bruxelles ou encore Londres… (oui je vous assure…). Et bien quand on est fan de Prince, on se doit de dire merci le plus souvent possible !!! et je peux vous dire que j’ai des proches géniaux et surtout une épouse extraordinaire… et j’estime que le mot n’est pas encore assez fort.

Ma découverte de Prince date très précisément de décembre 1998… alors que pendant les fêtes on me prête un best-of… que dis-je « The Hits », pour me prouver que Prince n’était pas qu’un danseur chanteur, on m’explique que Prince est tout simplement l’un des meilleurs guitaristes au monde… Moi qui était resté bloqué sur « Kiss » et « Cream », je vous laisse imaginer le choc… lorsqu’on a m’a fait écouter l’album acoustique « The Truth »… Cet artiste est un musicien de génie, multi-instrumentiste incroyable possédant intégralement son art… Un virtuose, un personnage mystérieux… un passé parfois difficile… tous les ingrédients pour me faire accrocher. Je pense que pour être fan de Prince, il faut aimer s’intéresser à la manière dont la musique prend vie, à l’assemblage des instruments, aux arrangements. C’est également tomber en admiration face à un showman sans équivalent. Etre fan de Prince c’était être prêt pour un concert de dernière minute et perdre patience devant une page internet et espérer obtenir une place… Il m’est difficile de penser que je ne pourrai plus vivre ce genre d’instant.

Etre fan d’un tel artiste c’est apprendre à élargir sa culture musicale sans vraiment en avoir conscience, en chercher des artistes proches en reliant les influences diverses… Prince n’est pas autre chose qu’une synthèse de tous les genres musicaux modernes et ni plus ni moins que l’annonciateur de toute la musique à venir.

Un titre de Prince a pu rythmer chaque moment ou évènement important de ma vie, heureux ou triste. Il est en quelque sorte le fil conducteur reliant bon nombre de souvenirs. La musique de Prince me donnait et me donnera toujours cette plénitude lorsque tout va bien, cet exutoire lorsque les contrariétés surviennent ou cette ambiance paisible lorsque la réflexion est utile.

J’ai finalement pu voir Prince en concert à trois reprises, en 2007, 2010 et enfin 2014. Trois dates, trois époques et trois états d’esprit.

Il me serait trop difficile aujourd’hui d’en évoquer les meilleurs moments tant la tristesse et le déni sont présents. Le plus simple étant de vous faire partager un échantillon sonore pour chacune des tournées.

Terminer cet article est compliqué, sa disparition n’est pas encore une réalité pour moi. Lors de la disparition de David Bowie, je me suis demandé comment tous ses fans pouvaient le gérer, je m’interrogeais alors sur ma manière de l’aborder si la même chose se produisait pour Prince. Je n’ai toujours pas la réponse à cette interrogation.

Prince a occupé presque 20 ans de ma vie et surtout de mes loisirs, 20 ans de mes promenades de mélomane, mes retours de cours et du travail. Je souhaitais, autant que possible, restituer ce que cet artiste représentait pour moi.

Je suis malgré tout heureux de constater une telle émotion dans les médias suite à sa disparition. Prince faisait partie des dernières légendes de la musique et voir cela reconnu par tous est un grand moment.

L’émotion est si grande que depuis le 21 avril 2016, je n’ai pu écouter un seul titre en entier sans trembler… sans les larmes… Cela ne s’était jamais produit en 18 ans.

Si j’avais la force d’écouter un titre ce serait celui-ci et je tenais à la partager avec vous.

Peace & Be Wild

Parce qu'on a tous un titre préféré....



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