Hell.com - Patrick Senécal

Hell.com – Patrick Senécal

Éditions Fleuve Noir

Chouette couv.

C’est la première chose que je me suis dite.

Tu te souviens, je râle tout le temps à cause des couvertures moches. Genre le mec il achète ses bouquins grâce à la couverture. Ben ouais. Aussi. Sinon à quoi ça sert que les gens ils se décarcassent pour que ce soye beau ?

Patrick Senécal, j’ai vu passer des dithyrambes dans un groupe qu’aime bien les thrillers. Tu l’as vu aussi, ce groupe, ils s’appellent les Mordus de thrillers entre eux.

Donc Senécal, je le vois qui traîne en tête de table chez ma libraire. C’est l’occase, je me dis.

Rapide résumé, sans spoiler.

T’es au Québec.

Il s’en passe des trucs au Québec. J’aurais jamais cru.

Tu fais la connaissance de Daniel Saul.

Un friqué du genre que j’aime pas. J’espère qu’il va lui arriver des trucs parce que vraiment, dès le départ, je l’aime pas.

Trop arrogant.

Trop sûr de son fric et du pouvoir qu’il lui donne.

Il y a Simon, son fils.

Je t’en cause après.

Il y a Martin, aussi. Lui, je l’aime bien. Me demande pas pourquoi, j’ai toujours pas compris.

C’est Martin qui propose l’inscription à Daniel sur le site www.hell.com.

T’inquiète, je suis allé voir aussi.

Y a que Dalle.

Même si tu passes par le darknet, le site est pas pris.

Personne a eu l’idée, où alors le Diable fait peur un peu quand même. Genre je suis pas superstitieux, ça porte malheur.

Hell.com, c’est un site pas légal, caché sur des serveurs qui sont même pas au courant qu’ils l’hébergent. Un site où ceux qui ont de la thune (plus que tu n’en gagneras jamais dans toute ta vie de travailleur acharné mais néanmoins raisonnable) peuvent prendre la mesure de leur pouvoir.

Le postulat est foutrement bon.

Foutrement.

Le pouvoir, ça permet quoi ?

Dans la vraie vie, on en a une vague idée, mais justement, elle n’est que vague. On peut juste pas imaginer les portes que ça ouvre. Les portes vers l’enfer.

Le vrai.

Celui dont tu peux jamais sortir.

C’est écrit sur la couv du bouquin.

Quand tu payes l’inscription au club, tu deviens un démon, et le reste de l’humanité, tous les autres, tes victimes, ne sont que des damnés.

Tu vois le trip ?

Tu peux faire ce que tu veux.

Tout ce que tu veux.

Au début, Daniel, il pense que c’est trop bon. Enfin un endroit où il est considéré à sa juste valeur.

T’as bien lu.

Sa juste valeur.

C’est un livre violent, on va pas se mentir. Certaines scènes décrites te laissent un drôle de goût au fond des yeux. Parce que t’as pas le choix, tu regardes.

Tu deviens spectateur de ce pouvoir.

Voyeur.

Tu regardes et tu peux pas laisser le bouquin.

Et parfois, c’est limite.

Justement parce que ce pouvoir-là, lui, n’a pas de limite.

Ça fout les chocottes.

Parce que tu sais que ça existe.

Les snuff-movies, ça existe.

Les viols, ça existe.

Le mal, ça existe.

À l’intérieur de nous.

Regarde la télé, tu vas le voir.

Et puis y a Simon, donc.

Le fiston.

La rédemption.

La quête de la rédemption.

Parce qu’on la cherche tous, cette rédemption.

Les rapports père-fils, c’est compliqué. Grave compliqué. Même quand t'as de la thune au point que ton fils, tu peux tout lui acheter.

Même l’amour.

Même l’amour ?

Bon.

Alors.

Est-ce que tout est utile ?

Ben non.

J’aurais préféré parfois des suggestions plutôt que des descriptions, comme si t’étais en train de feuilleter le catalogue de la Redoute des horreurs.

Patrick Senécal est un écrivain de la trempe de King, ils disent.

Non.

Il est un écrivain hors-normes, avec des qualités considérables.

Oui.

Évidemment. Il vend pas des milliers de livres par hasard. Regarde Lévy et Musso.

Ce que je sais, c’est que Senécal m’a pas giflé.

J’ai passé un bon moment, mais le trop, c’est comme le pas assez.

La tarte Tatin, j’aime bien la première part. La quatrième a du mal à passer.

Ben là, pareil.

Je comprends les avis enthousiastes de nombre de blogueurs, mais quant à moi, mon intérêt pour Hell.com s’est émoussé assez rapidement.

J’ai juste espéré qu’il allait se passer quelque chose.

Ben non.

Encore une fois, on va pas se mentir, tu regretteras pas tes 22 balles. T’as presque 600 pages à lire.

Au poids, c’est bien.

Mais juste au poids.


Nicolas Elie

J'écris, je lis, puis j'écris...

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