"Gardiens de la paix"…

On va embaucher du flic. On va construire des prisons. Cela rassure le bon peuple. Où l’on parquera les voyous que ces nouveaux flics auront serré. Cela, c’est de la dépense obligatoire, il nous faut du flic ! On ne peut faire l’impasse. Pour l’aseptisation des rues et pour l’essor des univers carcéraux privés. Il faut bien les foutre quelque part ces acteurs de la Grande Peur française ! 

Oh, quelle belle société l’Etat nous invente, avec l’angoisse au beau milieu.

Dans la pratique, cela veut dire que tous les jeunes pauvres et paumés de France vont postuler. Faute de trouver un travail à la hauteur de leurs espoirs. Ils vont donc être flics ou matons par nécessité, et non par douteuse vocation. C’est-à-dire que des mômes pas finis, venant de milieux ruraux ou citadins, qui n’ont, comme expérience communautaire, que l’école quittée à un âge où l’on se demande encore à quoi ressemble, en vrai, le sexe opposé, vont être téléportés un flingue à la main dans des manif’s revendicatrices ou des quartiers, des banlieue brûlantes où il faut un maximum de vécu si l’on veut être humainement efficace et non une aveugle répression apeurée.

Vous vous souvenez comment s’appelait ce beau métier de flic ? Gardien de la Paix… C’était beau, non… ? On était en droit d’imaginer que pour accéder à cette fonction une licence de philosophie ou de sociologie serait déjà une base. Pour des mecs surarmés en uniforme dans les rues, traits d’union entre le Peuple et l’Etat. Rôle crucial s’il en est. Non… ?

Au lieu de cela, une bande d’ignares prêts à tuer, la peur et la haine au ventre devant l’inconnu, les nerfs incertains. Le plus souvent racistes, homophobes donc misogyne, incultes et sans aucune expérience humaine. Voyez aujourd’hui ces deux hommes flics persécutés et désemparés, qui au bout d’innombrables courriers sans réponses à leur hiérarchie pour dénoncer les tortures mentales de leurs collègues, ont médiatisé l’affaire, démontrant l’homophobie du système policier. La police qui, nous baragouine l'Intérieur, représente les valeurs de la République… ! Ha mais… !

Oh, comme nous pourrions être fiers de ces jeunes gens parfumés à l’eau de Cologne bon marché s’ils endossaient, mot à mot, cette belle étiquette : Gardiens de la Paix ! Ils seraient là pour nous apprendre à vivre meilleur ensemble quand nous nous chamaillons. Ils montreraient aux plus forts qu’il faut venir en aide aux plus démunis. Ils aideraient à repartager les richesses, parce que trop d’argent, alimente la guerre. Ils seraient les messagers, les guides de la liberté, de l’égalité, de la fraternité comme il est écrit sur ces faux culs de fronton ! 

Trois vocables devenus creux, sans matière.

Ce serait donc une lente mutation si, contrairement à ce chiant de Pascal qui le fit avec dieu, nous décidions tous de parier sur le bonheur universel construit par la totalité de l’humanité. Et les Gardiens de la Paix seraient les seuls uniformes consentis. Des uniformes arc-en-ciel. Gardien de la Paix… Jusqu’à ce que les notions même de Paix et de guerre s’annihilent.

C’est beau la candeur. Un adorable scénario pour Disney.

Bref, bilan : moins d’enseignants, plus de flics. Je m’attache aux enseignants car je suis convaincu que la Révolution, c’est-à-dire l’évolution du rêve, passe par nos enfants et donc par la connaissance, par la transmission, par l’expérience du respect, de la dignité, de l’honnêteté. Parlons-en des banlieues, suprêmes alibis si chères à l’Etat dont la seule idée moderne d’enseignement consiste à déléguer cette immense responsabilité à une éducation nationale bancale en la privant de moyens, ainsi qu'à des parents épuisés de vies injustes et indignes.

Une République respectable ne peut laisser un seul de ses enfants sur la touche, sur ces fameuses voies de garage où l’on apprend à se désintégrer encore un peu plus de la société.

S’il faut un Professeur pour un élève en difficulté, il y aura un professeur pour cet élève ! Et ce sera un enfant de sauver, et un adulte positif. Evidement, on est loin du flic à tout prix.

C’est de l’enseignement coûte que coûte !

Un élève de gagné à la soif de connaissances, c’est dix flics en moins. C'est cent crimes qui ne fleuriront jamais.

Mais l’Etat souhaite-t-il vraiment que le bon Peuple de France atteigne l’intelligence, la culture, la sensibilité, avec la réflexion et le recul qui vont avec.

Ce charmant Peuple de France ne serait-il pas plus difficilement manipulable… ?

Vite ! Vite ! Il nous faut du flic ! Vite le flic ! J’veux du flic ! Oh oui…

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