Féroces – Robert Goolrick

Féroces – Robert Goolrick

Éditions Anne Carrière

« Mon père est mort parce qu’il buvait trop. Six ans auparavant, ma mère était morte parce qu’elle buvait trop. Il fut un temps où moi-même je buvais trop. Les chiens ne font pas des chats. »

J’ai prix une baffe.

Le genre claque dans la gueule dont tu as du mal à te remettre.

« Féroces » de Monsieur Goolrick.

C’est lui qui a dit un jour, je sais plus où, que les auteurs passaient leur temps à écrire et écrire encore la même phrase, toute simple, parce qu’ils n’arrivent pas à la formuler correctement.

Ben, là, Robert Goolrick, il y est arrivé. Et grave bien.

Il a commencé à écrire tard, parce qu’il a fait des trucs avant, mais ce qu’il a jamais vraiment réussi à faire, c’est recoller les morceaux de sa vie cassée en deux quand il avait quatre ans. Alors il a accouché de ce roman.

Quand je dis accouché, tu vas comprendre quand tu l’auras lu.

Ce livre est une quête, celle de l’amour de ces parents qui te regardent plus, parfois pour une mauvaise raison, parfois parce qu’ils ont honte.

Ce roman est parfaitement écrit. Une langue magnifique, presque élégante dans sa façon de te donner les phrases et les mots qui les composent.

L’élégance, c’est aussi ce qui caractérise les parents de Robert. Cette élégance aperçue dans les salons des années cinquante, à l’époque où la vie semblait futile, et où tout ne servait qu’ à s’amuser.

L’alcool notamment.

L’alcool qui autorise parfois des débordements imprévus.

Des erreurs pardonnées dans le silence de ces familles.

Et des vies brisées.

Comment faire payer à un enfant les atrocités qu’on a commises sur lui.

Comment garder à l’intérieur de la maison les secrets qui ne doivent pas en sortir.

Quand j’ai fermé « Féroces », la chose qui m’a le plus abasourdi, c’est sans doute cette absence de haine, cette absence de rancœur.

Cet amour inconditionnel tellement ambivalent d’un enfant pour des parents qui le haïssent.

L’enfer, a dit un type, c’est les autres.

Mais quand t’es qu’un môme, t’as du mal à imaginer que ce sont tes parents les propriétaires du truc.

Pas le Diable dont on te parle à la messe ou chez les curés.

Tes parents.

Et pourtant :

« Mon père n’était pas un monstre. Même en cela sa vie fut un échec. »

Oublie pas quand tu vas le lire, que c’est une autobiographie.

Comme d’hab, tu me fais confiance et tu fonces chez le libraire…

http://www.leslivresdelie.com

Nicolas Elie

J'écris, je lis, puis j'écris...

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