Evaluer les élèves grâce à un indicateur de fiabilité, ou comment privilégier la qualité à la quantité


Le système éducatif actuel a coutume d'évaluer le résultat de l'élève par le biais d'une note. L'équation est simple : bonne note = bon élève, mauvaise note = mauvais élève. Comme dans le monde industriel : la pièce est "conforme", ou "non conforme".


1- Faire peu... mais faire bien !

Vous êtes recruteur d'une grande école. Vous avez un nombre de places limité. Vous hésitez entre 2 élèves, qui ont obtenu la même note au concours. Lequel vous prenez ? Celui qui a eu 12/20 en ayant donné une réponse à toutes les questions pour essayer de marquer un maximum de points, ou celui qui n'a pas répondu à beaucoup de questions, mais qui a un taux de réussite excellent sur les questions auxquelles il a pu répondre ? Rendons-nous à l'évidence, vous prendrez celui qui a le meilleur taux de fiabilité. POURQUOI ? Parce que s'abstenir de répondre lorsqu'on ne connaît pas la réponse est une preuve de prudence et d'intelligence. C'est donc une preuve de la fiabilité de l'élève (formé ou encore à former) qu'on enverra à terme sur le marché du travail.


2- Vers la mise en place d'un indicateur de fiabilité ?

Ne serait-il pas plus juste de créer un nouveau système de notation qui inclut le taux de fiabilité de l'élève ? Pourquoi un élève qui a obtenu 9,5/20 à un examen en n'ayant répondu qu'à très peu de questions ne serait pas valorisé par rapport à un autre, qui a obtenu la note de 10/20 en ayant répondu à toutes les questions de façon hasardeuse, c'est-à-dire en bâclant le travail de réflexion à produire pour réussir l'épreuve ? Afin de rendre le système de notation plus "méritocrate", et ce dans le but d'induire l'apprentissage de la fiabilité et de la prudence, je propose un nouvel indicateur de notation, l'indicateur de fiabilité. Comment se calcule-t-il ?

Soit A l'indicateur de fiabilité. Soit N le nombre d'éléments de réponse corrects fournis par l'élève. Soit M le nombre d'éléments de réponse corrects attendus dans toutes les questions traitées par l'élève.

On obtient : A = N / M. Le résultat est un ratio, un pourcentage. Plus le nombre de questions dont l'élève aura répondu sera important, moins l'élève aura de chances d'avoir un taux de fiabilité de 100 %. Cet indicateur forcera ainsi l'élève à privilégier la qualité à la quantité. Dans le monde du travail, c'est ce qui est attendu. Les recruteurs n'accordent que peu d'intérêt aux anciens bulletins scolaires des salariés. Ce qu'ils veulent, ce sont des résultats, de la performance, de la qualité.

Vous recrutez un commercial. Que préférez-vous, un commercial capable de planifier et d'enchaîner 20 prospections au mois avec l'assurance d'en réussir 3, ou un commercial qui n'en réalisera que 10, mais qui sera sûr de vous ramener au moins 5 clients ? Privilégierez-vous la quantité ou la qualité ?


4- Effectivité de l'outil...

Comme il est plus facile d'obtenir un taux de fiabilité de 100 % en ne répondant qu'à 2 questions sur toute une évaluation, l'idéal serait de mettre en place un indicateur qui permettrait de mesurer l'impact d'un bon taux de fiabilité sur le bilan global de l'individu évalué. Par exemple, comme il est facile d'obtenir 100 % de fiabilité en ayant la note de 1/20 à une évaluation, le taux de fiabilité n'aura aucun impact positif sur le dossier de l'individu évalué. En revanche, si l'individu a la note de 9/20 mais a un taux de fiabilité de 100 %, son excellente fiabilité lui permettra alors de bénéficier d'un bonus suffisamment conséquent pour que la qualité de son dossier aille jusqu'à égaler (ou dépasser) celle d'un autre individu, ayant obtenu la note de 10/20 avec un taux de fiabilité de 50 à 60 %. Dans le cas des très bons résultats, selon moi, un 16/20 avec un taux de fiabilité de 100 % vaudrait mieux qu'un 17/20 avec un taux de fiabilité de 85 %. Qu'en pensez-vous ?


5- Quels impacts sur le comportement humain ?

Personne n'a songé à créer un tel outil, qui pourtant inculquerait aux élèves et apprentis des valeurs comme la prudence, l'honnêteté et l'humilité. Vous ne connaissez pas la réponse ? Ne répondez pas au hasard. Soyez honnêtes, et dites "je ne sais pas". Comment expliquez-vous que beaucoup d'étudiants qui ont validé des tests de niveau comme le TOEIC aient un faible niveau d'anglais, pendant que d'autres, qui n'ont pas forcément de bonnes notes au TOEIC, soient plus à l'aise dans la matière ? Même chose pour le code de la route : comment expliquez-vous qu'une personne ayant validé son examen avec la note 37/40 en ayant répondu à toutes les questions ait un moins bon comportement au volant qu'une personne ayant eu 35/40 mais en ayant un taux de fiabilité de 100 % ? Tout simplement parce qu'aujourd'hui, il existe encore beaucoup d'examens qui laissent trop d'importance au facteur chance, totalement indépendant de toute notion de mérite.

Que pensez-vous de cet outil ? Comment le standardiser à l'échelle nationale, comment réussir à faire passer le projet auprès de l'Education Nationale ou des politiques de recrutement ? Si cet indicateur est adopté, quel pourrait être son impact sur la mentalité des générations futures ? Peut-il indirectement contribuer à sauver la planète, les hommes et les espèces qui la peuplent, en permettant aux générations futures d'éviter de prendre des risques inconsidérés ?


Merci pour votre lecture, et merci par avance pour vos avis.

Alexandre

Alexandre GINESTE

Tout le monde mérite de réussir. Comment sortir du salariat, afin de s'affranchir de toute forme de pression professionnelle ? Comment évaluer les élèves de façon plus juste ? Comment encourager les jeunes à devenir plus consciencieux quant à notre avenir ? Comment atteindre un objectif sans prendre de risques inutiles, inconsidérés ? Comment structurer sa pensée ?

Rejoignez Skōp, c'est gratuit!

Le magazine collaboratif qui vous paye pour écrire, voter & partager.

  • Aucune publicité pour les donateurs
  • Auteurs rémunérés par les dons des lecteurs
  • Contenu exclusif et personnalisé
  • Publication facile de tous vos écrits