Entretien (humoristique) avec l'écrivain Danny Mienski

Avant d'être mon invité, Danny Mienski ne m'était pas un parfait inconnu, il avait publié plusieurs nouvelles dans des revues (Gandahar...) et des anthologies (Boum boom, Ex Machina, Blitzkrieg...) que j'avais lu avec intérêt. Quand j'ai appris qu'il venait de publier son premier recueil de nouvelles fantastiques, Les Temps maudits, j'ai tout de suite voulu l'interviewer. Danny m'avait réservé une surprise. Vous la découvrirez à la fin de cette entretien...

Danny, vous venez de publier un recueil de nouvelles, "Les Temps maudits". Cela veut-il dire que vous n'aimez pas les romans ?

Tout à fait. Je déteste tout ce qui dépasse 50 pages. J'ai de l'urticaire à partir de 60 pages et j'éternue à la vue des gros bouquins de JK Rowling ou de GRR Martin. Quand j'étais petit, mes parents avaient l'habitude de me punir en me faisant recopier le bottin de l'annuaire, alors vous voyez...

Pas du tout. Vous êtes encore capable de citer qui habitait rue du Blé Noir à Bourg-la-Gaillarde ?

Votre maman. Mais elle n'a pas toujours habité là. Elle a déménagé en 1991, si ma mémoire est bonne.

Impressionnant. Mais revenons à votre livre. Vos histoires se déroulent à différentes époques. Avez-vous besoin de vous documenter ou votre mémoire du bottin suffit-elle ?

J'ai effectivement besoin de solliciter ma mémoire, car tout ce que j'écris, je l'ai vécu, peu ou prou.

Peu ou prou. C'est-à-dire ? Vous n'allez pas me dire que vous êtes immortel, quand même ?

Le grand Gagliostro disait : " N'est pas mort à jamais qui dort dans l'éternel, En d'étranges éons, la mort même est mortelle. "

Ce n'est pas Lovecraft, plutôt ?

Caglistro, Lovecraft, Cthulhu, c'est du pareil au même, non ? Le principal est que je sois toujours là pour témoigner des trois histoires fantastiques que vous avez lu dans mon recueil.

Oui, d'ailleurs, pourquoi trois et pas quatre, par exemple ?

Le livre aurait été trop gros.

Naturellement... Vos trois récits sont présentés comme des récits fantastiques. Pourtant, même si la magie et le paranormal sont présents, ce sont avant tout des drames amoureux. Est-ce aussi du vécu ?

J'ai eu beaucoup de relations amoureuses depuis plusieurs siècles. Le drame, comme vous dites, c'est qu'elles finissaient toujours par vieillir et disparaître. J'étais condamné à sortir avec des femmes qui étaient toujours plus jeunes que moi, à me marier avec des femmes qui étaient de plus en plus jeunes...

Comme Johnny Halliday, alors ?

Je ne savais qu'il était immortel, lui aussi.

Ha ha. Il y a aussi de l'humour dans vos récits ?

C'est du fantastique, alors certains lecteurs m'ont dit que cela fait peur par moments, mais oui, il y a aussi du second degré par moments. La première histoire, "Les Lions bleus", est racontée du point de vue du jeune Théo, qui ne comprend pas tout ce qui arrive sur le navire négrier, le pauvre, alors que le lecteur, lui, a déjà deviné ce qui se passe. C'est ironique. Dans la deuxième histoire, "Drapeau blanc", ce sont les personnages secondaires qui sont drôles et aussi certaines phrases où le lecteur attentif peut voir que je m'amuse avec le récit, que je ne le prends pas entièrement au sérieux, alors qu'il s'agit des scènes qui ont le plus de tension dramatique pour les personnages. Enfin, dans le troisième récit, "Le chemin rouge", j'ai été obligé d'introduire un peu de légèreté après un passage qui se déroule dans un camp de concentration. J'ai choisi une rencontre amusante avec un peintre un peu farfelu. Je me suis beaucoup amusé et j'espère que les lecteurs apprécieront.

Vous parlez de votre livre comme un écrivain. Ce n'est donc pas du vécu, vos histoires, et vous n'êtes pas immortel !

Parce que, franchement, vous y avez cru ?

Je... je... Bien-sûr que non. Pfff. N'importe quoi.

J'espère, parce que votre avis m'importe beaucoup. Vous êtes comme un frère pour moi. Un frère jumeau...

Vous me gênez...

Pas tant que moi. Je suis maintenant obligé d'avouer que je suis Damien Porte-Plume et que vous êtes Danny Mienski. Il s'agissait d'une auto-interview. Ceux qui me connaissent auront tout de suite vu la supercherie et j'espère qu'ils se seront bien amusés. Pour les autres, je vous présente mes excuses. J'avais déjà répondu à des journalistes et j'étais vraiment tenté de répondre par la dérision hi hi. J'espère que je ne vexerai personne. D'ailleurs, je ne suis pas le premier. Richard Bachman est Stephen King, Pitt Agarmen est Martin Page et Joseph Lubsky est Patrick Sébastien.

Vous mettez Stephen King et Martin Page au même niveau que Patrick Sébastien ?

Pas du tout, je mets au même niveau Damien Porte-Plume et Patrick Sébastien.

Et vous trouvez ça drôle ? Pour qui je vais passer, maintenant ?

Alors, ça, mon cher Porte-Plume, ce n'est pas mon problème. Chacun son rôle dans cette histoire...

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Danny Mienski, Les Temps maudits, ed. Ex Aequo, avril 2017, 13 euros (papier), 3,99 euros (epub).

Blog de Danny Mienski


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