Écriture: La méthode-puzzle

On m’a déjà demandé plusieurs fois comment j’écrivais. Jusqu’à y a peu de temps, il ne me semblait particulièrement intéressant d’en discuter, mais mon homme s’est mis à l’écriture aussi et nos discussions sur le sujet se multiplient. Il m’apparaît donc que « divulguer » mes méthodes d’écriture pourrait intéresser quelques jeunes écrivains qui ne parviennent pas à organiser leur travail et donc, par voie de conséquence, à avancer dans leur histoire.

I. Penser…

. L’histoire :

Aussi idiot que cela puisse paraître, commencer par réfléchir à son histoire est la base. Si vous vous lancez dans l’écriture sans savoir où vous allez (à peu près), vous allez droit à la catastrophe ! Inutile non plus de vous prendre la tête pendant des mois, non plus !

Pour ma part, j’utilise la méthode du théâtre : je divise mon histoire en 5 actes, avec une scène clé par acte.

Acte I : Mise en place des personnages

Acte II : Mise en place de l’histoire et 1er nœud

Acte III : La montée vers le conflit

Acte IV : Le conflit

Acte V : Résolution du conflit et de l’histoire

Cela me permet d’avoir une vague idée de mon histoire et de savoir où je vais.

. Les personnages :

À partir de là, imaginez vos 2, 3 ou 4 personnages principaux. Pas plus, si non vous risquez de vous perdre. N’hésitez pas à chercher des acteurs, des mannequins ou autre comme base pour vos persos. Je dois dire que ça aide pas mal. Personnellement, je ne m’embête pas avec des fiches en premier lieu, pas plus que je ne définis leurs caractères précisément. Je me base essentiellement sur LA scène clé de l’histoire, dans laquelle ils agissent de telle ou telle façon et à partir de là, je détermine le reste de leur personnalité. C’est, à mon sens, le plus simple pour avoir des personnages cohérents.

II. Le plan…

Argh un plan ! Au secours, je ne sais pas en faire !! Pas de panique, c’était mon cas il y a encore quelques mois. J’étais une allergique à toute forme de structuration dans l’histoire. Autant vous dire que mon premier roman a été difficile à écrire !

En fait, il n’y a rien de plus simple.

1er conseil : ne vous préoccupez pas de la gueule que votre plan peut avoir ! Inutile qu’il soit parfait, cela vous donnera plus de liberté.

2ᵉ conseil : reprenez votre plan mental, celui auquel vous avez réfléchi. Si vous utilisez le plan « théâtre », vous écrivez vos 5 actes, avec votre scène-clé et il suffit ensuite, de voir ce dont vous avez besoin pour aller d’une scène à l’autre. Quelques mots par chapitre, une ou deux descriptions de scènes suffisent amplement.

3ᵉ conseil : il n’est pas fixe ! Si les scènes-clés sont indispensables et ne doivent pas bouger (si non vous remettez en cause tout le développement de l’histoire), le reste lui peut se remanier au fur et à mesure.

Le plan n’est là que pour vous donner une base de travail, sans pour autant vous contraindre. Il vous évite de vous perdre toutes les dix secondes, suite généralement aux idées stupides des persos (si, je vous jure, ça arrive!), sans toutefois vous interdire de prendre des chemins de traverses si c’est utile à votre propos.

III. L’écriture…

Ce qui faut bien comprendre, c’est qu’il est difficile d’écrire sans plaisir. Dans mon cas et jusqu’à « Milo », il m’était très compliqué d’écrire des trucs longs, car je perds vite patience et j’ai du mal à rester focaliser sur une seule ligne d’écriture. Seulement, je pensais qu’on ne pouvait pas écrire une histoire autrement.

Et puis un jour, durant l’écriture de « Milo », j’en ai eu marre et j’ai écris ma scène-clé de la fin qui me tournait dans la tête depuis des jours. Là ! Révélation ! Le reste a commencé à couler tout seul… Alors, si je n’avais qu’un conseil à vous donner en matière d’écriture, ce serait celui-ci : ne vous brimez pas ! Si une scène vous vient, n’hésitez pas à l’écrire dans un coin, quitte à revenir dessus ou à ce qu’elle ne soit pas dans l’histoire. Ce n’est pas grave et cela vous libère l’esprit pour continuer votre histoire.

Je travaille donc essentiellement scène par scène, que j’emboîte les unes avec les autres, n’écrivant que les parties « liantes » qu’ensuite.

IV. La relecture

Indispensable ! Surtout si comme moi, vous travaillez avec un roman-puzzle. Pour se faire, entourer vous de trois ou quatre personnes de confiance qui vous donneront un avis différent sur votre histoire.

Si comme moi, vous êtes indépendants et que vous êtes loin de gagner ce qu’il faut pour vous payer une équipe de pro, sachez que sur FB, il existe plein de groupes où tout un tas de gens offrent ce service gratuitement. Les corrections et les conseils de réécriture sont généralement très bons et permettent de faire un travail quasi parfait ! Alors travaillez avec un, puis avec un autre, et quand vous aurez trouvé ceux avec qui ça marche le mieux, gardez-les ! Vous ferez un travail formidable ensemble.

Dans mon cas, la relecture peut-être plus longue que l’écriture. C’est le principal problème de cette méthode d’écriture, il faut bien relire pour éviter toute incohérence !

V. Les fiches d’écriture

Je n’en fais pour ainsi dire jamais. Sauf dans le cas de « Hybrid » qui, comme c’est une série fantastique, a un background assez complexe et une galerie de personnages. À la fin du 1er roman, j’ai commencé à faire mes fiches persos, mes fiches « monde », mes fiches « storyboard ». Elles me permettent de ne pas faire d’erreurs idiotes dans le second tome, et de préserver la cohérence de mon histoire et de mon monde.

N’hésitez donc pas en faire, surtout si vous écrivez plusieurs histoires dans un même univers !

Voilà, vous savez tout ! J’espère que ces quelques conseils vous aideront à l’avenir sur votre ouvrage ! Et n’hésitez pas à me donner vos propres trucs en commentaire !

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