D'aiguille en aiguille.

Je veux du calme. Du vide autour de mes pensées. Il me semble qu'elles attendent que je leur prête attention. Mais je ne les perçois qu'à travers un brouhaha de voix, de ridicules énervements, de crissements de rames de métro et du cliquetis de mon clavier.

Produire, résoudre, à la minute, l'heure, à l'année.

Il faut faire vite, être efficace et perspicace, se montrer rigoureux et respecter la procédure.

Le temps de râler contre le réveil, il est déjà 20 heures. Une nuit de court sommeil et c'est reparti. Les jours semblent interminables mais déjà, un nouveau mois commence.

Qui a déréglé l'horloge ? On s'y retrouve plus. Faudrait la réparer, mais pour ça, j'aurais besoin d'y penser.

Comment la remettre à l'heure sans me dérégler ? Serais-je mise de côté si je prends le risque de ralentir la grande aiguille ? Et si je n'en fais rien, que restera-t-il de ces secondes effrénées ?

J'aimerai avoir le temps de penser. 

Qui sait ce que j'entendrai si le vide se faisait ? Le gène de la révolution ou la peur de l'évolution? Et si tout le monde faisait une pause ? Mais une vraie. Qu'en serait-il? Est-ce que la peur nous gagnerait, comme un genre d'épidémie ? Peur de l'ennui, peur du risque ?

Ce soudain regain de liberté nous ferait-il la fuir ? Ou serions-nous soudain éclairés par tant de possibilités ? Voudrions nous créer, voyager ? Reprendre le temps de s'émerveiller et de laisser ses rêves vagabonder ? Ou voudrions-nous nous enterrer devant la télé, en espérant y trouver une échappatoire; une pensée prémâchée à nous caler dans la tête pour esquiver la réalité ? 

Je ne sais pas, et je n'ai plus le temps d'y penser: il est déjà 8 heures et je dois aller bosser.

Rejoignez Skōp, c'est gratuit!

Le magazine collaboratif qui vous paye pour écrire, voter & partager.

  • Aucune publicité pour les donateurs
  • Auteurs rémunérés par les dons des lecteurs
  • Contenu exclusif et personnalisé
  • Publication facile de tous vos écrits