Chapitre 4: Chassé-croisé

Vous devriez lire les chapitres précédents pour suivre l'histoire.

Apolline se préparait pour Hénin-Beaumont. Elle revenait voir sa famille pour le week-end du 8 mai, un week-end de trois jours. Apolline habitait le quartier riche d'Hénin-Beaumont. Sa famille avait un beau pavillon. Elle était dans les études, elle ne savait pas trop quoi faire de sa vie. Elle avait déjà beaucoup de choses: des parents aimants, une famille superbe sans histoire, sans maux. Elle aurait bien voulu devenir actrice mais son père le lui avait interdit; pour lui, sa fille deviendrait une grande chercheuse, ou une grande ingénieure. Elle fit donc une classe scientifique tout en étant extrêmement douée dans les matières littéraires. De plus, elle travaillait beaucoup pour avoir un bon niveau dans les sciences. C'était une femme très douée. Elle se retrouva donc à Paris, à ... , une classe préparatoire d'un très bon niveau. Elle assurait mais elle avait d'autres projets, lors de ce week-end, elle décida qu'il fallait parler à son père pour lui dire qu'elle voulait entrer à Hypokhâgne.

Elle prépara un exposé appuyé de documents philosophiques et littéraires pour prouver sa passion. Elle s'imposa de lire des philosophes comme Kant, Hannah Arendt, Michel Henry, Rousseau, ou Paul Ricoeur des romans ainsi que des pièces de théâtre. Surtout les pièces de théâtre, elle qui hésitait entre la mise en scène l'écriture de pièce et l'interprétation. L'écriture lui plaisait un peu plus. Elle avait commencé une pièce de théâtre ainsi qu'un livre, et un receuil de poésie.

Elle prit le train pour aller à Hénin-Beaumont, elle lisait le Contrat Social de Rousseau, lorsqu'elle leva les yeux et qu'elle vit un jeune homme, l'air pensif. Des écouteurs dans les oreilles. Elle se disait que les jeunes avaient de plus en plus d'oreillettes, ou de casques. Elle même en avait. Sur sa gauche, son tas de livre qu'elle avait lu pour son exposé. Elle releva la tête et elle vit son regard dans le sien. Il avait son regard ailleurs comme s'il réfléchissait. Puis, il se leva, il s'avança, il la regarda, et il repartit le plus vite possible vers les toilettes. Elle se disait que cette fois-ci, c'est elle qui se présenterait. Elle sentit un poids dans son ventre, elle n'avait jamais senti cela. Ce n'est pas comme si c'était terrifiant, c'est juste un beau jeune homme. Il revint environ deux minutes plus tard, il s'avança, elle sentait qu'il l'observait, il se pencha, il sortit un son... merveilleusement bizarre. Il se rassit, mit ses écouteurs, la mélancolie et la honte se lisait sur son visage. Apolline se décida à se lever, elle marcha assez lentement pour qu'il puisse profiter, elle se pencha, confiante, mais un bruit assez atypique sorti du tréfond de sa gorge. Un son horriblement moche. Elle traversa au plus vite le wagon devant elle et alla aux toilettes. En traversant le wagon pour revenir à sa place, elle vit le jeune homme qui la regardait, il était blond, une petite cicatrice sur la lèvre, en forme de croissant, des yeux bleus le même bleue que peint Vernet. Elle revint, se racla la gorge, s'assit et mit son livre devant ses yeux pour éviter de faire voir son visage, rougi par la honte, à son amant du train. Elle aurait bien voulu voir ce jeune homme avec elle dans la rue, parlant de tout et de rien.

Le train s'arrêta à la gare d'Hénin-Beaumont, elle vit le jeune Appollon sortir. Elle prit son temps pour tout ranger pour éviter de croiser le regard de celui-ci. Elle prenait aussi son temps car elle allait devoir affronter son père, encore une fois, pour son aventure en prépa littéraire. Elle descendit lentement, elle vit un jeune homme avec une capuche qui la regardait. Son intuition lui dit de se méfier. Elle sortit de la gare, rentra chez elle à pied, pas plus de cinq minutes. Mais l'homme à la capuche, la suivait, il devait être à 5 mètres. Elle ne s'inquieta pas, ou essaya de ne pas s'inquieter. Elle utilisa son portable, comme Persé avait utilisé son bouclier contre Méduse, pour savoir où il était. Il se rapprochait de plus en plus. Maintenant il n'était plus qu'à deux mètres. Elle s'inquiéta. Il se rapprochait. Elle vit un sourire mesquin apparaître sur son visage. Il voulait lui faire quelque chose. Elle le savait. Il accèlera de plus belle. "Que faire?" se dit-elle "lutter?". Elle s'inquiéta puisqu'elle devait aller dans une rue peu passagère. Mais elle continua tout droit, jusqu'au carrefour. Des voitures allaient sûrement s'arrêter. Si elle hurlait des gens viendrait c'est sûr... C'est sûr? L'Homme était maintenant très proche. Prise de panique, elle fit semblant d'appeller son père. L'homme derrière lui mit la main aux fesses, l'autre tira sur ça queue de cheval. Elle cria. L'homme lui mit la main sur la bouche. Elle entendit des pas qui se pressait, un bruit de poing sur des os, un craquement. Silence. Elle lâcha quelques larmes de soulagement, se mit à genou, se leva, et frappa le pervers, le violeur. L'homme qui l'a sauvé était le blond du train. Il avait mit son genou sur le visage du pervers. Il lui dit: "Ca va?". C'était une question à viser rassurante. Elle répondit "oui" en larmoyant, c'était un oui que même elle ne croyait pas. Il s'appelait Armand. Elle s'était habituée à l'éternel "t'es bonne" de personnes dans la rue, habituée aux ragards insistant la voyant comme de la viande, habituée aux personnes se retournant pour la voir de "derrière", habituée à la violence des paroles de certains politiques, habituée... mais là, c'était trop, elle ne pouvait plus s'habituée.

Elle rentra chez elle après sa déposition, l'homme était un multi-récidiviste, elle ne souhaitait pas savoir son nom. Pour elle, ce serait toujours l'homme qui a voulu profiter d'elle. Elle se mit devant son miroir. Elle vit ses cheveux bruns lisses, elle avait toujours voulu qu'ils soient bouclés. Ses yeux ronds et marrons laissaient couler des larmes de peur, de douleur, d'horreur, de malheur, mais surtout de soulagement. Elle essaya de ne plus penser à cela. La marque de la main restait sur ses fesses, cela faisait deux heures. Elle mangea, son père et sa mère étaient inquiets, mais ils parlèrent pour la réconforter et surtout pour se réconforter. Elle alla se coucher avec la peur au ventre. Elle se coucha dans son lit, son matelas froid lui rappela sa jeunesse, sa journée, l'homme qu'elle avait vue, l'homme qu'elle ne voualit plus voir. Ses rêves prirent le dessus...

Axelle regarda autour d'elle, le souffle de l'explosion avait détruit une grande partie des maisons. Elle ne vit que le désespoir et la mort dans l'avenue des festivités. Elle continua de marcher pour voir si elle connaissait des personnes qui ont malheureusement était tuées. Les chars étaient tous soufflés. Elle vit que l'Empereur était mort, avec le Roi du Nord et le Roi de l'Est. La Reine Elisa toujours vivante appellait à l'aide. Elle fut aidée par des survivants et des gardes. Axelle, avec une de ses suivantes, alla aider le Prince Karl. Dès qu'il vit Axelle, il se releva avec une grande difficulté, les larmes aux yeux. Son père était mort. Heureusement, son meilleur ami Allan l'avait aidé à se protéger, il était gravement blessé mais on pouvait le sauver. Des ambulanciers arrivaient avec des medecins. Des cris de souffrances s'entendaient. Des soldats affluaient en nombre pour aider leurs compatriotes.

Axelle pensa immédiatement à ce qu'avait dit son grand-père avant de mourir. "Ils finiront par gagner si le monde ne se souvenait pas", ces dernières paroles raisonnaient de plus en plus dans son esprit. Puis, elle vit un homme aux cheveux bruns, des yeux verts clair, des lunettes. Il brandit son épée, la planta dans le sol, celui-ci se fissura. Il regarda quelques morts, les examina. Elle repensa à la bombe qui explosa, elle était dans le foule, en train de regarder le prince Karl, futur dirigeant du grand royaume de Bord de l'Eau et de l'Empire. Il était pensif, regardait ses futurs sujets d'un air de bonté. Elle se souvint de la première fois qu'elle l'avait vu. Karl était sur son cheval, prenant des roses distribuées par la population avant sa première bataille. La peur se lisait sur son visage, mais il restait le plus beau de tous. Son armure de fer, son casque en or luisait au devant du soleil qui venait de se lever. Chaque homme, en commençant par le chef de guerre, devaient saluer la statue du premier roi de Bord de l'Eau. Grand chef de guerre qui protégea le monde contre des ennemis aujourd'hui totalement oubliés. De vieux grimoirs et de vieilles personnes pouvaient encore se souvenir, mais dans cette époque personne ne s'y intéressait. Ce chef de guerre réussi à conquérir ce qui forme à ce jour l'Empire. Mais, malheureusement, lorsqu'il décéda son royaume se divisa. Ces trois fils bataillèrent et trois royaumes firent leur naissance. Certaines descendances périrent, des généraux et des maîtres de palais prirent le pouvoir. Le royaume de Xin Chi Lè est le bon exemple, le plus méprisable des généraux arriva à combattre ses concurents et imposa son pouvoir au peuple, il était très influencé par la religion, et par la soumission du peuple par les armes.

L'homme aux yeux verts repartit, brusquement, en un flash. Tout le monde fut surprit. A la place de cet homme un petit oméga qui luisait. Elle se souvint des vieux grimoirs qu'elle avait lu. Etait-ce... Son réveil la fit sursauter. Elle oublia qu'elle était en week-end, il était 6h30. Elle tourna dans son lit sans trouver le sommeil, s'interrogeant sur ce rêve étrange et pourtant plein de réalité. Puis, trouvant le sommeil, elle repartit dans les bras de Morphée pour le temps qu'il lui restait...  

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