Chapitre 3: Une curieuse rencontre.

Julien est à la faculté. Il travaille le droit. Aujourd'hui, c'est son premier jour de vacances. Il prend le train en direction d'Henin-Beaumont. Le triste village où le parti de la droite radicale est passé au pouvoir depuis que Marine Lapique a décidé d'une dédiabolisation de son parti, faisant en sorte que les portes du pouvoir s'ouvrent pour la présidente du Front pour le Socialisme et les Nations Souveraines, le FSNS. Le week-end dernier, le premier tour des élections s'est déroulé qui a mis en concurrence pour le second tour, Manuel Mecon et Marine Lapique. Julien est inquiet pour le futur.

Il pensait à toutes ses choses dans le train qui allait de Douai à Hénin-Beaumont. Soudain, il lève la tête et vit cette jeune femme, la plus belle de toute, un regard à transpercer l'âme, des cheveux magnifiques, bruns, une taille parfaite, des yeux en amande vert clair, un haut rose, un jean noir. Elle tenait dans ses mains un livre: "C'est le Contrat Social de Rousseau!" s'exclama-t-il intérieurement. Puis il ragarda à côté d'elle et vit une pile de livres: le premier était une pièce de théâtre, Cyrano de Bergerac. Il savait lire à l'envers, c'était son super-pouvoir. Il voulait lui parlait, mais sa timidité l'en empêchait. Pour ses amis la timidité pouvait se combattre. Pour lui, c'est impossible: quand il devait s'adresser à une personne inconnue il ne pouvait s'empêcher de penser à ce que l'autre pourrait penser.

Quand il vit cette beauté, il se dit qu'il devait aller lui parler. Oui, mais comment l'aborder? "Bonjour, je vous aime!?" Non, trop direct, en plus il ne la connait pas. "Bonjour, je vous ai vue de ma banquette et je vous trouve très jolie, il serait possible d'avoir votre numéro de portable?" "AHAHAHAHAHAH très drôle!" s'exclaffa-t-elle. Un des scénarios qui se mettait en place dans sa tête. "Salut, je suis désolé de vous déranger dans votre lecture, je m'appelle Julien et je vous trouve très jolie, j'aimerais savoir s'il serait possible d'avoir votre numéro". C'est bon, il a la bonne phrase, maintenant il faut qu'il se lève. Il commence à partir, s'approche d'elle, la regarde, elle lève la tête, croise son regard, mais il continue de marcher en direction des toilettes. Il y resta 2 minutes, cela lui parut une éternité! il sortit des toilettes pour retenter son approche. Il marche vers elle, il peut voir son avant-bras de là où il est: " magnifique" se dit-il, quand il la vit. Il en perdit ses mots et le son qui sorti de sa bouche était magnifiquement laid. Il marcha droit devant lui sans regarder la jeune femme et se rassit, mit ses écouteurs, et écouta "Si facile" de Casseur Flowter. "si c'était si facile tout le monde le f'rait". Ces paroles lui faisaient écho. Puis, il leva la tête et vit l'Aphrodite se lever. Il la regarda dans les yeux, elle se rapprochait doucement, elle avait un pas doux et des jambes magnifiques. Elle se pencha et un son bizarrement beau sorti de sa bouche! Et elle partit dans l'autre wagon. Quelque minutes plus tard, il la vit se remettre à sa place, mettre ses écouteurs et prendre son livre pour cacher son visage qui avait l'air d'être rouge.... mais il n'en était pas sûr.

Il descendit du train et alla chez lui, rue Edouar Duhamel, dans le quartier où existent les pavillons ouvriers, construits à l'époque de la grande industrie du nord-est français. Quartier qui tomba en désuétude quand les industries décidèrent de délocaliser vers des pays avec un "salaire plus souple" comme ils disaient. L'objectif était surtout de faire plus de bénéfices avec une main d'oeuvre pas chère. "Ca se tait et ça travaille bien!"

"Ils sont allés voir les chinois, les coréens et tous ces asiat'! Et nous, on se tape toute l'imigration et toute l'insécurité qu'elle apporte avec". Ce discours, il le rapporte de ses parents et de son entourage qui sont au chômage et enchaînent les petits boulots pour survivre, avec un emprunt à payer, et des études à financer. Ses parents faisaient tout pour qu'il ne manque de rien pas comme les pouvoirs publiques. Ceux-là ne faisaient rien, même avec ce nouveau maire rien ne changeait.

"On nous promet tout et rien ne se passe." Le maire avait même dû restreindre les subventions aux associations culturelles, et on nous disait que c'était pour mieux vivre. Mais ils ne parlaient pas des conséquences culturelles sur l'éducation des enfants qui n'entendent qu'une seule chose, le discours de haine de leurs parents et la sensation d'être seul contre tous.

Arrivé chez lui, il dit bonjour à ses parents. Sa mère préparait à dîner et son père était toujours sur le canapé, avec une bière bientôt finie et des canettes de Heineken pliées, froissées, sur le canapé et le sol. Sa mère, avec son sourire habituel et sa fatigue continuelle l'embrassa sur la joue. Son père se leva et chancella pour se rattraper sur l'épaule de son fils. Il l'embrassa et il cria à sa femme d'aller à la cuisine pour finir de cuisiner, il avait faim. Il prit une gorgée de bière et parla fort à sa télé pour répondre à une question posée dans "Noubliez pas les Paroles". Lui, il préfère regarder "Quotidien", l'emission de Yann Barthès, il aimait son humour potache, et l'analyse politique de ses équipes.

Le soir se déroula et comme à son habitude il hurla pour dire "bonne nuit" à ses parents. Sa mère lui répondit, son père devait sûrement dormir, bourré, sans projet, sans avenir, triste. Son père pensait que voter FSNS changerait les choses. Mais là, pour la présidentielle, il n'irait pas voter préférant la "pêche" aux élections. Il se glissa sous sa couette, senti la fraîcheur du matelas sur sa peau, et commença à s'imaginer tant de chose, et repensa à la femme du train. Il ferma les yeux et commença son ascension vers les rêves...

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