Cette femme - Première partie


Jamais une telle beauté n'avait transpercé mon cœur de cette manière-là.

Elle avait tout d'une femme à qui seulement un amour platonique lui pourrait être

attribué. Elle passait son temps à jouer. Elle jouait avec mes humeurs, mes

envies, mes angoisses. Elle savait tout de moi, sans réellement le montrer.

Elle jouait en se cachant derrière le sombre rideau pourpre recouvrant

délicatement sa tête invisible du voile charnel de la passion amoureuse. 

Je fus passionné et donc passif d'un amour impossible, condamné.

Je ne pouvais qu'imaginer sa tête derrière ce rideau flamboyant et recelant un bon

nombre de secrets. Elle était à la fois mystérieuse et facile à décrypter.

Elle était à la fois aventureuse et difficile à extraire du foyer. Elle était un

paradoxe à elle seule, entre l'amour charnel et platonique qu'elle pouvait m'inspirer. 

Elle était ce lien si fragile qui me reliait à la vie. Elle était une espérance. Sa chevelure 

d'or comme je m'amusais à l'imaginer, me coupait de toute réflexion rationnelle, 

tellement elle était belle. Sa peau blanche porcelaine me rappelait les femmes du nord:

 belles, fortes et sensibles.

A chaque fois qu'elle souriait, elle illuminait l'instant où je l'observais, l'instant

où enfin je vivais.

En outre, cet instant m'était précieux. Il me raccrochait difficilement mais

sûrement à ma pauvre existence dépourvue de sens. Je ne donnais du sens à

rien tandis qu'elle donnait du sens à mon tout. D'elle elle n'aimait rien, tandis

que moi j'en aimais le tout. Ses yeux, tels des perles éclatantes de naïveté,

traduisaient un esprit influencé mais surtout dévoué à l'homme qui pouvait

l'observer d'une manière transcendante telle une déesse n'ayant jamais vécu,

ni même existé.

Douloureuses sont les passions amoureuses les plus profondes. La passivité

passionnelle dépourvue de sens rationnel, mène à la débauche des esprits

égarés.

Nous sommes passifs et manipulés par notre propre conscience passionnelle.

On jouit de cette puissance obscure, teintée de pourpre, nous voilant l'esprit

égaré face à la réalité. De ce fait, l'esprit passionné subit l'élévation

passionnelle, jusqu'à finalement s'écraser dans les profondeurs du désespoir.

La passion est un mauvais maître, il faut savoir l'appréhender tout en restant

à ses côtés sans s'y confondre.

C'est pourquoi la confusion intra-passionnelle mène à la débauche et à la

dépravation des ressources créatrices de l'esprit désormais perverti.


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