" Ça tourne dans ma tête..."

"Je me rappelles cette sensation de rentrer au bloc, celle ou vous êtes déjà sous l’effet des tranquillisants, que les regards se croisent sans grande certitudes, que l'instinct d'un ultimatum fais son apparition. Je n’oubliais jamais cette peur qui m'occupais même si mon corps ne réagissais pas, mon regards qui les cherchaient, mon âme qui les appelaient mais pour la première fois j'étais réellement seule à devoir tenir. Ce n'était certes pas une grosse et lourde intervention comportant des conséquences irrévocables, mais cette intervention engendrait un résultat définitif pour mon avenir.

L'impression de ne plus répondre de ses actes, d'observer le monde tourner autour de soi sans pouvoir tourner avec lui , sans pouvoir quitter cette orbite, sans pouvoir faire demi tour. Je me ressasse bien trop souvent cette douleur incomparable à aucune autre et dont je ne suis pas en mesure d'oublier. Je ressens encore ses gestes dans mon dos, dans mes reins, de les multiplier, je revois aussi cette panique qui surgit lors de la perte du résultat et le retour en arrière . Je me suis à cet instant demandé ce que réellement j'avais fais au mode entier pour mériter cette douleur et cet instant.
Il a été le premier et le seul me regarder droit dans les yeux afin de me demander comment je me sentais, j'avais cette sensation d'avoir tout perdu, il me fixait le regard pleins d'espoir de compassion mais de peine . J'avais , pour la première fois depuis longtemps, perdue tout espoir de survie, je savais le résultat, je connaissais les risques, j'avais cachée ma peur derrière cette gaieté que vous aimiez tant. J'étais allongée là, dans une chambre au milieu d'un hôpital rempli de malade et surement plus mal que moi. J’airais au milieu de mes bouquins, mes dvds, mon téléphone, ma musique, mais rien ne me donnaient envie. Je savez mes proches pas loin, à s’inquiéter pour moi, je sentais votre pensée, mais je la refusée parce que je n'étais pas capable de l'affronter comme je le devais. Accepter une vie déjà définie me parraissait plus simple. Même si je suis sortie de cette chambre aussi indemne que tout le monde le croyait n'est pas réellement ce qui allait se passer.
Le verdict est tombé quelques temps après, aussi douloureux et réaliste que je l'avais imaginé . Et même aujourd'hui je n'y fais pas face. Je ne suis pas celle qui prends soin de soi qui surveille ses faits et gestes, je ne suis pas celle qui se bat ni celle qui s'en sort. Je suis celle qui coule sous le poids de ses blessures, qui cherche en vain une lueur d'espoir enfermée dans sa grotte"

  • Janvier 2008, j'avais 18 ans.

Sil'am

Comptable - Auteur à mes heures perdues - 30 Ans - Pleine de vie - Greffée -

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