Belle d’aurore

Elle entendait dans le lointain un siffleur de mélancolie qui soufflait des larmes de verre, vêtue d’effeuillage au cœur de la forêt d’émeraude, la lumière en fraude, elle embrassait l’écorce des arbres du bout des doigts de baisers éphémères. Ses bras en étreintes autour des troncs rugueux transformaient les chênes en de frêles amoureux, ses empreintes sculptées tels des messages pour l’humanité, se dessinaient en icônes de la mère Dieu. Un regard passager des sens traversa l’essence de sa foi , elle ferma les paupières en revoyant tous ses pêchés ici bas, l’amour allongé sur un lit de mousse à enfouir des chagrins de détresse sans voix. Des frissons naissaient sur sa peau blanche, tels des notes d’effroi aux airs d’avalanches, métissée d’un ange et d’une fée, elle avait le vert de jade dans ses pupilles audacieuses, la blondeur de la candeur à la caresse délicieuse. Reine de l’aurore à couper la brise du vent qui bruissait de désir en la frôlant de l’air, elle posait des paroles de paix sur les nuages pour les faire voyager à travers le monde encore en guerre. Sur le livre de l’histoire des hommes écrivaient à l’arraché, « Rêves petits rêves qui courent sur la planète où tout doit être amour, les mains unis à l’unisson en une éternelle ritournelle, une seule voie cours sur les destins universels ». Les uns derrière les autres liés au peupliers, les enfants devenaient notre passé renouvelé, à la gloire du futur était célébré une fête de fin de quête. Les femmes voilées de bonheur, des fleurs entre les bras se disaient, « Nous avons bien fait de croire que les baisers pouvaient être donnés avec les yeux par foi, nous avons bien fait de montrer que les baisers pouvaient être posés sur les lèvres avec les doigts ». L’abandon tourna les talons avec un regard de pardon d’enfant, les couleurs de la vie adoptèrent un temps charmant. Le jour et la nuit en communion solennelle, se promirent des milliers de levers de lune de miel, des pots entiers de couchers de soleil. Au cœur des rayons en scintillement, des pousses écloses sortaient des boutons de sentiments. A l’orée des bois se murmurait des gouttes de rosée, l’aurore à chaque heure était décrétée.

Photo by Svetlana Belyaeva

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