Armani mon chéri

Acrostiche d’antan à la verticale, en emplissant en toutes lettres un carnet de bal, des lèvres lisaient du bout des doigts, des noms qui trébuchaient sur les princesses d’autrefois. Le visage envisagé en collage à la poudre de riz, sous la voilette de parme chantait d’une voix d’albâtre sans Bruni. La cigarette emportée par les volutes qui caressaient une tasse de volupté, faisaient un Si en se baignant les sens dans de l’Armani. La soie nouée au dos par des aveux d’amour à dire au lever du jour, Un baiser bijou glissait sur la courbe d’airain dans un silence ciselé à l’or fin. Apparats grimés sans mascarade, jouaient des lyres en tocades, la vie s’illuminait en myriades de macarons rosés, tandis que des perles encollées se pendaient au cou des uns seuls. Un parfum subtil dévoilait son flacon en disant à la dame aux charmes exquis, « Avec toi il y a toujours un Si ! », le tant va vers elle se brisait sur les cristaux de nénuphars, pensant sans reflets que l’objet de l’être aimé était toujours très rare. Le rubis sur l’ongle glissait sur de la faïence qui voulait s’émailler, le soir de la nuit était noir comme une éternité sans diurne, il y avait juste une étole dans le ciel encore voilé, un jeté de solstice en interstice tombait dans les bras de Saturne.

Art by Maren Esdar


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