Aow tou dou zat ? Jean-Paul Gaultier

Le canif sur l’encoche, « Point de croix, point d’enfer, si j’aime la mode je le ferai à l’envers », le style de la rue si proche, un air de France sous un Paris Gavroche, l’humeur à filer des tissus de bamboche. Patou sous un ciel si doux sur l’Esterel fait d’étincelles, fêtard sans changer son Cardin de gloire, à se mettre dans un beau guêpier de corsets femelles. Relevant d’éclairs de génie la couture aux lignes brisées sur l’horizon, hautement signée deux mains de maître en rebelle lion, la Madonna aux tétons aux scandales en rut faisant chavirer les marinières à la verticale « Chut ! ». Le chic iconique pointé sur un corps aux actes sensuels, le « Free » bustier à l’abordage des codes intemporels, le smoking dans la rue à l’allure androgyne, à en faire la peau des blue-jean. Enfant terrible de la mode à bousculer les poupées Culbutos décousues, en leur collant des seins pointus sous leur tutu, Un « Horner » d’accordéon dansant sous la robe Tour Eiffel, l’anamorphosée d’une Mylène en vamp séquentielle. La mariée mon Gaultier était en noire, plumes au vent léger de la gloire, un cygne posé sur le ciel soufflait de la liberté, à clôturer les courants contraires ainsi remontés. « Cat devil » créatif à tout bout de champ, à se dire par foi « Aow tou dou zat ? » sans fil et ?, l’aiguille esquif à ne jamais renoncer en laissant les pendants sur l’île d’If. Finissant un tour d’inspiration autour d’un globe de cristal, rangeant des voitures en super modèles qui criaient en trépignant des pieds aux sandales. Ladies, gentlemen, de Jean-Paul on était Gaga, regardant le film des bien roulées telle une saga, assis sur le bord de son histoire aux synthétiques argentés, Gaultier se demandait, « Etais-je à la hauteur ? Sans doute c’était ma bonne heure ». L’instant capturé dans un flacon où le parfum corsé était à même la peau, laissait à jamais dans le silence des naissances, un peu de vie, un peu de mâle, là où se délitait la racine des sens.

Clin d'oeil à Jean-Paul Gaultier

Photo by Pierre Gilles

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