Agnès b., modèle d’humanisme et d’humanité au top

Paris, New-York, Tokyo, Hong Kong, Agnès b. explore bien d’autres territoires que ceux de la mode et du monde. Passionnée d’art contemporain, mécène, collectionneuse, la styliste est aussi philosophe et philanthrope engagée.

Styliste de génie. Enfant de mai 68 en 2017. Elle a plus de 300 boutiques. Elle est à la tête d’une entreprise familiale et citoyenne qui compte plus de 2000 salariés dans le monde. Mais comment Agnès b. concilie art et conviction ? “Déjà, je suis gourmande”, confie la solaire styliste septuagénaire au regard et aux cheveux d’ange. “Je ne voulais pas faire tout ça”, semble-t-elle s’excuser, comme une petite fille qui serait encore tout émerveillée d’avoir cousu sur-mesure un rêve de fée presqu’à son insu. “Je voulais être conservateur de musée”, rappelle-t-elle. Mais il se trouve que la vie en a décidé autrement. Mariée à 17 ans, mère de jumeaux à 19, elle se sépare de son mari, l'éditeur Christian Bourgois, à 21 ans, dont elle garde l’initiale.

“Je suis toujours en train de boire au futur”

A cette époque, confie-t-elle, “je m’habillais aux Puces. Je n’avais pas d’argent. Et puis un jour, j’en ai eu assez de chercher des vêtements. C’est ennuyeux en fait. Du coup j’ai préféré devenir styliste et les fabriquer moi-même” après une parenthèse de rédactrice de mode pour le magazine Elle. En 1975, elle ouvre sa première boutique, rue du jour à Paris, dans une ancienne boucherie des Halles. Un quartier alors en pleine rénovation. Devant cette boutique qui sert de bureau, d’atelier, de lieu d’expression et de rencontre, “mes enfants jouaient dehors, dans le caniveau”. Fascinée et attirée par la culture moderne comme le cosmopolitisme, elle met ensuite le cap sur New-York. A Soho précisément qui, un peu comme les Halles de Paris, est en pleine métamorphose. “On était dans une ambiance portuaire, sombre, humide…” Là, elle a encore une fois l’intuition du lieu, du potentiel de ce quartier à l’époque sordide de Big apple. Elle a le pressentiment aussi de ce que sera le mouvement du graffiti, alors naissant. Un mouvement dont elle suivra toujours l’évolution avec passion. Et puis un jour, un Japonais flashe sur sa boutique, ses collections. C’est le début de l’aventure au pays du soleil levant. Nous sommes en 1984.

Engagée auprès des plus démunis et dans l’environnement, la femme d’affaires l’est aussi depuis longtemps. Elle aime d’ailleurs exhiber l’un de ses blousons qu’elle porte depuis 30 ans ! Preuve de son côté “less is more”, s’il en est. Elle rappelle que depuis 2003, sa goélette d’exploration Tara sillonne les océans afin de mieux comprendre l’impact du réchauffement climatique sur les écosystèmes. Toujours optimiste, la blonde légendaire a aujourd’hui 76 ans. Elle “rêve encore au lendemain, adore la nuit”. Elle répète d’ailleurs à l’envi que “chaque soir est un cadeau du ciel. Je suis toujours en train de boire au futur. Et ça fait 40 ans que je me régale à faire ce que je fais ! Alors si j’ai un conseil à donner : entreprenez mais entreprenez dans ce que vous aimez. Engagez-vous, aimez et partagez !"


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